Migration des cœurs - Groupe 3: Les personnages
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Aux amateurs de Maryse Condé ou d'Emily Brontë, vous trouverez ici plusieurs analyses des personnages du roman : « La Migration des Cœurs» de Condé - célébre écrivaine francophone. A travers cette histoire qui se déroule aux Antilles pendant une période de décolonisation, l'auteur rend hommage à « Les Hauts de Hurlevant » d’Emily Brontë – grand classique de la littérature Britannique.
Les personnages de cette oeuvre dérivent de ceux de « Les Hauts de Hurlevant » cependant on y trouve aussi de nouveaux personnages qui ne figurent pas dans l'ouvrage du 19ème siècle. De plus, « La Migration des Cœurs » représente certains traits sociaux de l'époque tels que l'ésclavage, le colonialisme et le Communisme. Cet aperçu d'aspects historiques est démontré a travers l'adaptation de personnages de Brontë. Nous allons présenter ces personnages et leurs caractères divers; leurs rôles et fonctions seront analysés afin de parvenir à une meilleure comprehension de chaque individu, ainsi que leurs motivations, leurs triomphes et leurs défaites en couleur vivant.
- Veuillez noter que toutes les références de pages se trouveront à:
Condé, Maryse. La Migration des Coeurs. Paris, Robert Laffont, 1995.
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Contents |
L'arbre Généalogique
La Première Génération
Razyé
« Notre vie est marquée bien avant notre naissance » [p.25]
Anaylse du personnage
- Razyé est un personnage principal du roman.
- Étant donné que « La Migration des Coeurs » est l’histoire « façon » caraïbe du roman d’Emily Brontë « Les Hauts de Hurlevent » dans lequel le très célèbre personnage de Heathcliff trouve son équivalent en Razyé. Les deux personnages sont caractérisés dans leur rapport amoureux avec Cathy et par le souffrement qu'ils endurent du aux mauvais traitements qu'ils subissent.
- A travers le premier chapitre, on découvre le personnage de Razyé dés son arrivée à La Havane, Cuba, qui n’est connue par personne ni « l’endroit d’où il sortait » [p.15]. On apprend vite que la couleur de sa peau est « noire » et que ses cheveux sont comme ceux d’un « bata-zindien » [p.15] mais c’est l’impression de mystère et d’ambiguïté qui émane de lui dés le départ. Le narrateur décrit Razyé ayant «les yeux mourants qui charroyaient », et la mine « qui était celle d’un homme qui assiste à la veille de sa propre mère » et Melchior le compare « à un esprit des morts » [p.15]. C’est lors d’une conversation entre Razyé et Melchior que le mystère commence à se démêler. Grâce aux questions posées par Melchior, on apprend que c’était en Guadeloupe que Razyé a été trouvé « nu comme en ver et braillant plus fort qu’un cochon qu’on égorge, en plein milieu des razyés » [p.17]. A la fin du deuxième chapitre, nous savons que Razyé est en route pour la Guadeloupe avec un « plan » et pour des raisons de « vengeance ». Le roman nous parachute à l’histoire dans la famille Gagneur.
- Le petit et noir Razyé est trouvé par Hubert Gagneur pendant un de ses voyages à La Pointe en Guadeloupe. Quand Hubert l’apporte a L’Engoulvent, personne n’est content et Nelly Raboteur le décrit comme ; « Un enfant de sept ou huit ans, sale et repoussant, complètement nu, garçon, et, croyez-moi, le sexe bien forme, negre ou bata-zindien. Sa peau était noire, mais ses cheveux bouclés s’emmêlaient jusqu’au milieu de son dos » [p.28]
- Le petit enfant - Razyé - habitant chez cette famille de mulâtres est en même temps privilégié par Hubert, idolâtré par Cathy, méprisé par Justin et la société le craint. Pendant leur enfance Cathy et Razyé passaient toutes les journées ensembles:
« Toute la journée, entre ces deux-la, c’était driver, galoper à cheval à travers le plateau calcaire entourant L’Engoulvent » [29].
Finalement une véritable relation émotionnelle entre eux se développe. Au début c’est un rapport enfantin mais leurs rapports s'intensifient et finalement se sont des sentiments d’amour qui se fleurissent. « Une seule personne comptait pour lui sur la terre, et c’était Cathy » [p.32].
- Depuis que Hubert ait trouvé le petit Razyé il le chouchoutait et en réaction à ce rapport, Justin est vite devenu amer et desagreable. Mais c’est après que Hubert est trouvé mort que Justin prend sa revanche. Il maltraite Razyé comme s'il était « zindien » : « A partir de ce jour [après l’existence d’Hubert Gagneur a fini], Justin interdit a Razyé l’intérieur de la maison et le consigne aux travaux des champs avec les zindiens » [p.33].
- C’est pendant ce temps que Razyé « se révolte comme un cheval qui n’en plus de la cravache » [p.34].
- Cathy et Razyé grandissent passant à l’adolescence et de fortes relations avec son voisin - le Béké - Aymeric de Linnseuil se développent. Aymeric qui est « tellement blond » et qui « avait étudié l’agronomie tropicale à l’université » [p.45] représente pour Razyé un personnage menaçant quand il devient très vite un ami proche de Cathy. Quand Aymeric arrive a l’Engoulvent, Cathy appartient petit a petit a un monde blanc dans lequel Razyé n’est pas accueilli. Apres un séjour chez la famille Linnseuil, Cathy parle a Nelly au sujet de mariage. En cachette Razyé les écoute et il entend les paroles de Cathy : « Je vais me marier avec lui Aymeric… j’aurais des robes en soie… Mes enfants seront blancs et riches… » [p.48]. Il ne saisit pas les paroles : « …Si Justin n’avait pas fait a Razyé ce qu’il a fait, je ne songerais même pas a ce mariage. Mais de la façon dont Razyé est a présent, je ne pourrai jamais me marier avec lui » [p.48] donc en colère et vexé, il quitte la Guadeloupe.
- Avant qu'il quitte le Cuba Razyé dit à Doña Stéfania :
« Je dois me venger. Et de l’homme qui a pris la femme que j’aimais et de celui qui m’a rendu indigne de son amour. Mon plan est là, tout tracé. J’ai trimé trois ans à Cuba pour avoir les moyens de le réaliser. Je mettrai le deuxième à genoux si je dois tuer le premier avec mes deux mains, je le ferai. » [p. 22]
- Trois ans plus-tard, Razyé revient à l’Engoulvent. Il découvre qu'après son départ Cathy est devenue folle et elle lui dit ; « tu m’avais adandonné» [p.62]. Son retour n’est pas bien-apprécié de la part d’Aymeric qui le voit en tant qu'interférence destructive a son mariage avec Cathy. Razyé ne supporte pas Aymeric et pour appronfondir sa vengeance, Razyé se marrie avec « Irmine, la dernière … des sept filles de Linsseuil » [p.63].
- Après la mort de Cathy, Razyé déclare qu’il sera toujours avec elle. Il semble qu’il aussi déclare la guerre à tous - ceci est évident par la façon dont il traite sa femme – Irmine et leurs enfants. De plus, il est à l’origine de beaucoup d’actes terroristes et des meurtres violents.
Pertinence à « Les Hauts de Hurlevent »
- Le mal famé Heathcliff de « Les Hauts de Hurlevent » est remplacé par le negre Razyé, personnage mystérieux. En parlant de l’adaptation de « Les Hauts de Hurlevent » à « La Migration des cœurs » Malena [2000, p.51] explique la relation du prénom du personnage avant son environnement :
« Condé le renomme Razyé, un prénom tiré du terme désignant l'herbe de la savane antillaise et donc rattaché au paysage comme celui de Heathcliff. Ce nom évoque également le mot algérien de razzia qui désigne l'acte de piller et de saccager, ou de razzier les récoltes d'une tribu, une activité à laquelle se livre Razyé en mettant le feu aux champs de canne des békés»
- Les deux personnages partagent un rôle similaire – ils sont éperdument amoureux de Cathy et victime d’abus pendant leurs enfances. Mais à cause des environnements, périodes et pays différents, ils luttent contre les différentes perspectives sociales. Par résultat de son manque d’éducation et son statut d’orphelin - dans le cadre du 19e Siècle en Angleterre, Heathcliff est confronté aux problèmes de classes sociale. Il est décrit comme :
« un être resté sauvage, sans raffinement, sans culture ; un désert aride d'ajoncs et de basalte. C'est un homme féroce, impitoyable, un loup ». [Bronte : 1992, pp.135-6]
- Après une longue disparition à cause de l’annonce du mariage de Cathy et Edgar, Heathcliff revient. Il est riche et tout le monde se demande où il a fait fortune. Malgré cela, on se rend compte que l’argent a lui seul n’est pas capable, dans l’esprit du people, de changer son statut social.
- Comme c’est expliqué à la partie du « rôle littéraire » Heathcliff et Rayzé partagent aussi un rôle pratique.
- Puisque la lutte de Rayzé se déroule en Guadeloupe à peu près 50 ans après l’abolition de l’esclavage il y a de vives tensions raciales. voir histories et récits. Le tension de cet environnement est établi par Condé pendant le premier chapitre en parlant de la procession noire et les constatations de Jose de Cépéro :
« Il haïssait la négrialle et respirait avec dégoût cette odeur du sueur et de crasse cachée sous les velours et les soies » [p.13]
Les défis auxquels Razyé doit faire face concernent la couleur de sa peau voir Race, Classe et Religion.
Rôle Littéraire
- Razyé n’est jamais le narrateur du roman mais il joue un role littéraire fondamental.
- En parlant de « Les Hauts de Hurlevent » Malena [2000, p.51] décrit le rôle littéraire de Heathcliff comme :
« le personnage étranger qui vient s'immiscer entre les deux familles et en provoquer les alliances et les mésalliances »
- Même si Razyé partage cette tache importante par ses rapports avec Cathy, Aymeric, Irmine et ses enfants à travers le roman, il est chargé aussi, en traversant les Antilles, d’illustrer le contexte historique du livre par son histoire personnelle.
- Les lecteurs s'identifient le plus à Razié, ce qui permet à Maryse Condé d'aborder les thèmes d'inégalités raciales, propres au contexte historique, au travers de ce personnage.
Rôle Historique
- Apres une vie qui est marqué par l’exclusion et l’abus, Razyé cherche à se venger. Ce n’est pas toujours d’une manière juste ou légale mais plutôt « violente » et frauduleuse :
« D’autres disaient qu’avec un Créole de sang mêlé il s’était livré à la contrebande du tabac et qu’après la mort mystérieuse de son associé il avait passé quelque tems à la geôle. » [p.16]
- Historiquement, il est la représentation même des difficultés et restrictions due au colonialisme, subies par les noirs aux Antilles.
- Comme nous l'avons déjà expliqué précédemment, Razyé en tant que noir a un rôle historique très complexe. Pour comprendre en détail la situation politique et les conditions de vie des esclaves aux Antilles par lesquels Razyé est confrontée voir La situation politique aux Antilles. En bref c’est l’histoire après l’abolition d’esclavage à laquelle on s’intéresse. Donc il y a plusieurs d’explications pour comprendre le rôle historique de Razyé. Malena [2000 : p.51] dit que :
« Bien que sa vengeance soit personnelle et dirigée contre le mari de Cathy, elle acquiert une dimension collective et politique puisque Razyé la met au service de la montée au pouvoir des Noirs ».
Ce qui est montre par ses actions politiques :
« Il [Razyé] trainait son corps. Jean-Hilaire l’avait gonfle d’une énergie nouvelle. Ruiner Aymeric de Linsseuil avec l’aide pour le compte des politiciens socialistes »[123]
- D'un autre côte Razyé introduit les idées du mouvement littéraire de la Négritude. Ce mouvement consiste de l’évolution symbolique d’un personnage c'est a dire la transformation de quelqu’un qui est subordonné en une personne indépendante du a un processus de l’aliénation vers la révolte vers l’affirmation de soi [Irele : 1965). Selon Irele [1965] les actions du personnage « Razyé » peuvent être définit par « aliénation » puis « la révolte ». Léopold Senghor, Léon Damas et Amié Césaire [July 1964] font partie du mouvement littéraire de la Négritude. July [1964] a expliqué le Négritude comme un mouvement vers la liberté et l’intégrité a la part de la race noir. Il confirme qu’on associe le mouvement premièrement avec la révolution politique mais aussi avec la quête pour une identité noire dans les Antilles.
- Donc il représente aussi la quête d’une identité noire aux Antilles à la fin du 19 e siècle - pendant la guerre hispano-américaine, 50 ans après l’abolition de l’esclavage
- C’est grace aux actions politiques et terroristes de Razyé que les lecteurs comprennent les événements historiques et politiques aux Antilles.
voir aussi histoires et récits
Cathy
Analyse du Personnage
- Cathy est une des protagonistes du roman. C'est la fille de Hubert Gagneur, qui sauve Razyé quand il est jeune.
- En grandissant, l'amitié entre Cathy et Razyé s'épanouie . Cette relation va révéler certains traits de caractère chez Cathy, femme émotive qui se laisse guider par la passion.
- Cathy essaye de se lier à la bourgeoisie, une vie qu'elle considère attirante et sécurisante. Elle va choisir le status et l'argent envers la passion. La fureur de Razyé est décuplée lorsque Cathy décide d’épouser Aymeric.
« La sauvageonne qui riait trop en trompette, parlait trop fort, déchirat le francais, remuait son bonda et dansait si bien le gwo-ka sur le glacis, était morte et enterrée. Une jeune fille de bonne famille avait pris sa place. Sa bouche était en cul de poule. Elle ne marchait pas, elle glissait sur ses peids toujours enfermes dans des chaussures. Elle avait relevé et roulé en chignon ses grands cheveux noirs qui autrefois tombaient en désordre dans son dos. A présent, elle se souciait de sa couleur, s'abritait d'une ombrelle et rechercait l'ombrage. Au lieu de sauter sur le dos d'un cheval et de galoper dans le soleil, elle s'asseyait sur la galerie et tournait les pages d'un livre » [p.43]
- Ce n'est que quand on la voit avec Razyé que ses origines se mèlent à son caractère. Elle devient aggréssive et impusilve lorsqu'elle apprend la relation que partagent Razyé et Irmine. La jalousie la pousse à être grossière et violente. Bien que la haute société détient des facilités pour Cathy, son comportement prouve ses envies contraires lorsqu'elle se remet à parler créole, signe d'appartenance au monde qu'elle partageait avec Razyé. On remarque donc une dualité entre ses choix de vie et ses émotions.
« Elle était lunatique, éffrontée, mal éduquée et sans manières, le portrait craché de son papa, un mulatre qui se croyait et qui est mort comme le chien qu'il était » [p.74]
- Cathy meurt tôt dans le roman [chapitre 10 de la première partie] suite à son accouchement. On apprend qu'elle était malade depuis quelques temps. A l'égard des autres personnages, Cathy reste discrète par rapport à son état de santé. Ceci révèle une facette plus taciturne et intravertie de sa personnalité.
Rôle Littéraire
- C'est à partir des relations que partage Cathy avec Razyé et Aymeric, que les thèmes principaux de l'amour et de l'évolution historique s'entrêmelent, faisant apparaître les différences socio-raciales entre les personnages.
- En découvrant Cathy, nous comprenons les personalités des autres personnages qui l'entourent tels que Razyé, Aymeric et Irmine. L'enfant qu'elle aura avec Aymeric, Cathy II, commence une 'migration des coeurs' que l'on retrouve dans les générations suivantes.
- Même après sa mort, Cathy reste impliquée dans la vie des autres personnages. En terme littéraire, Cathy garde de la présence au long du roman puisque les autres personnages lui font référence.
Pertinence à « Les Hauts de Hurlevent »
- Le personnage de Cathy remplace celui de Catherine Earnshaw dans le roman de Brontë. Les deux femmes représentent le meme role et la meme personnalité.
- Dans « La Migration des Coeurs», Cathy essaye de se lier à la bourgeoisie, une vie qu'elle considère attirante et sécurisante. Elle va choisir le status et l'argent envers la passion.
- Cependant, il est remarquable que dans l'oeuvre de Brontë, la raison pour laquelle Catherine (fille des Earnshaws) vise a atteindre une certaine sécurité sociale et financière en époussant Edgar, est sa naïvete en pensant qu'elle saura se servir de la richesse d'Edgar et son rang social en espérant d'aider Heathcliff. Ceci ne se produira pourtant pas.
Rôle Historique
- Cathy est issue d'une famille aisée. Cet ouvrage retranscrit les différences sociales obsérvées à cette époque. Elle s'éprouve d'Aymeric, attirée par son status social et la sécurité financière qu'il peut lui offrir. Cette relation prouve contraire à ses émotions qui tanguent vers Razyé, moins fortuné qu'Aymeric. Au travers de Cathy, Condé nous présente les difficultés de l'époque à trouver son identité au sein d'une société qui évolue mais reste unjuste. Tout d'abord d'un point de vue sociale, puisque les personnages appartiennent chacun à différentes classes. Les états d'âme et les actions de Cathy attestent ces difficultés. Les origines du personnage faisant qu'elle se rattache au travers de sa passion à un monde moins érudi et cultivé que celui qu'elle à choisit.
« J'aurais des robes en soie, des chapeaux capelines en paille d'Italie, des domestiques pour me servir. Mes enfants seront blancs et riches (...) Mais de la facon dont Razyé est a présent, je ne pourrai jamais me marrier avec lui. Ca serait une dégradation! (...) Avec lui, je commencerais a vivre comme si nous étions encore des sauvages d'Afrique. Tout pareil! » [p.48]
- Il réside aussi un dilème entre la voie que choisit Cathy vers une vie plus occidentale et le fait qu'elle renie ses origines. Le dilème étant qu'elle à un sens d'appartenance à son passé et sa culture, tel qu'on le voit dans ses rapports avec Razyé.
- La grande différence raciale est représentée par les choix de Cathy à vouloir s'intégrer à une classe sociale plus élevée.
« Tu as eu honte de tout le bonheur que nous avons eu quand nous étions libres, sauvages, mécréants. Tu t'es mise à me mépriser. A me préférer ceux qui ont la peau blanche, qui lisent dans les livres et parlent le francais-francais » [p.87]
- Ceci atteste d'une puissance coloniale toujours présente à l'époque. Montrant ainsi une inégalité raciale qui réside encore pendant la décolonisation.
Aymeric de Linnseuil
Analyse du Personnage
- Aymeric nous est présenté comme chevalier, instruit et privilégié. Il est de bonne famille et de façon générale représente la "blancheur" dans le contexte colonial. Comme sa belle-soeur Marie-France, il apporte aux îles coloniales un sens de la modernité, le progrès et la "civilité" de la France métropolitaine [p.35]. En même temps, il montre la faiblesse de la même civilité dans le contexte colonial: quittée de la France propre, il est completement dépendant des esclaves/travailleurs pour sa vie confortable, qui on voit vite disparaître avec les feux de révolution [pp.52-3; 151-56].
- Son caractère est plein d'ambiguïtés: en même temps, il est riche par le travail des autres tandis qu'il professe la croyance dans l'égalité humaine. Par ses études des Lumières, des humanistes Montesquieu et Kant, il se considère « illuminé », en luttant contre l'esclavage mais peut-être n'entend pas les implications de la révolution socialiste: que sa position comme « employeur » post-colonial ne suffit pas de l'éloigner du nom de « maître ».
- C'est en observant les rapports familiales d'Aymeric qu'on se permet d'approfondir nos connaissances sur le vrai caractère d'Aymeric. On le voit comme généreux et soigneux à son neveu malade, Justin-Marie [pp.144-48; 179], malgré qu'il ne veuille ni son soin ni sa générosité. A sa soeur aliénée Irmine, il montre le même sentiment de soin et de tendresse depuis tant d'animosité familiale autour son mariage a Razyé.
- Peut-être ce que nous apprenons le plus d'Aymeric c'est sa naïveté. Dehors de son rôle de maître et chevalier, il se trouve perdu parmi les relations diverses auxquelles il maintient. Cocu par sa femme Cathy, n'ayant pas le respect de son parentes et non désiré pas par le seul enfant qu'il pourrait considère de son sang, il s'est devenu isolé sauf pour les travailleurs qui doivent le obéir.
Pertinence à « Les Hauts de Hurlevent »
- Aymeric remplace Edgar Linton dans le roman de Brontë. Il représente exactement le role que joue Edgar: l'homme refilé et civilisé, l’énnemi de Heathcliff. Il représente la civilité auquel Cathy aspire.
Rôle Littéraire
- Aymeric sert de balance pour le caractère sauvage de Razyé. Entre eux se forme une tension violent à propos l'amour de Cathy.
- Á Cathy, Aymeric représente la hautesse auquel on peut aspirer: il est gentil, riche, intelligent et blanc. Par comparaison à Razyé, il représente le 'bon' contre le 'mal', le généreux contre l'égoïste, la civilité contre la sauvagerie et, en diverses formes, le blanc contre le noir. Naturellement, les qualités des deux hommes ne sont pas jugées par l'écrivaine, mais elles représentent une collision des mondes historiques et politiques entre les races.
- Alors que ce ‘rapport’ est central à l’intrigue de Wuthering Heights, il n’a pas la même proéminence dans La Migration des Cœurs. À cause de l’amplification des autres thèmes qui ne se présentent pas tout a fait comme celle là, comme l’esclavage, le Communisme, vaudou etc., et avec respect de l’Histoire plus longue de Migration, cette rivalité n’est qu’une partie de l’histoire entière. De plus, l'importance marquée est le rapport entre les races qu’ils démontrent.
Rôle Historique
- Aymeric joue un rôle plus historique que celui de Linton dans Wuthering Heights. Dans le contexte du colonialisme des Caraïbes, on pourrait voir Aymeric comme les États-Unis (« l'Amérique ») et ceux qui se considèrent comme les gardiens, instructeurs, et peut-être même les propriétaires, des populations non développés.
- Alors qu'il voudrait voir cette égalité à travers la race humaine, la disparité entre son idéel et la réalité est bien marquée: il parvient à la richesse grâce à l'esclavage. Il se maintient comme le patron de tant de serveurs qui ne voulaient que partir depuis l'abolition d'esclavage voir La situation politiques aux Antilles mais naturellement n'avaient plus des options que continuer au même travail, recevant un salaire légèrement plus augmenté qu'auparavant.
- Par ses interactions avec Justin-Marie, on voit Aymeric essayer de lui donner sa bienfaisance, mais en réalité ne fait que de l'ennuyer. Dans le contexte du colonialisme, les interventions des États-Unis aux affaires de Cuba, Saint-Domingue, Le Porto Rico étaient faits sous le prétexte d' humanisme, mais en effet servaient plus aux intérêts du donneur que récipient de l'aide.
Irmine de Linsseuil
Analyse du Personnage
- On rencontre Irmine, la petite sœur d’Aymeric de Linsseuil, lorsque Cathy l’introduit à Razyé dès son rentré en Guadeloupe après avoir été absente pendant quelques années.
- Jeune, innocente et impressionnable comme elle est, elle se trouve tellement saisie et impressionnée par Razyé dès les premiers temps qu’elle le voit, et donc on pourrait dire qu’elle n’avait jamais eu une chance !
- Décrite premièrement par le narrateur omniscient en tant que « impertinent et fantasque » [p.63], chose qui nous deviendra très clair, le narrateur ne la considère guère plus qu’un enfant, et donc vulnérable aux plans du Razyé calculateur qui va utiliser quoi qu’il puisse pour obtenir ce dont il a envie. Bien qu’elle ne soit pas un personnage occupant un rôle majeur, elle reste indispensable à l’histoire, de façon à introduire de nombreux personnages, mais aussi représenter une personne qu’on peut placer dans un contexte socio-historique particulier.
- Fasciné par le mystère qui émane de Razyé, elle succombe vitement à ses avances et s’en va avec lui, laissant sa famille en croyant qu’ils s’aiment. Mais elle découvre peu après qu’elle s’était gravement trompée, et que Razyé n’avait que voulu l’utiliser et la traitera d'une façon écœurante.
- Après avoir été au courant de sa grossesse, elle essaie de lui quitter, vivant brièvement à Petit-Canal avec son ancienne serveuse : mabo Julie, et son nouveau-né qui elle surnomme Aymeric. Mais cela ne durera pas longtemps car Razyé les retrouvent, « est-ce que tu croyais que j’en avais fini avec toi ? » [p.109].
Rôle Littéraire
« Je le vis » : Irmine comme les yeux.
- Puisqu’Irmine n'occupe pas un rôle majeur dans La Migration de Cœurs, c’est-a-dire que ce n’est pas elle sur laquelle l’intrigue est focalisé, elle sert plus d'observatrice à travers les yeux par lesquelles les lecteurs peuvent mieux voir et comprendre les histoires d'autres personnages. En changeant souvent la focalisation du récit, Condé a crée quelques personnages dont leur fonction parvient au même but,[voir aussi:Migration des cœurs - Groupe 4: Les procédés littéraires mais en ce qui concerne Irmine- c’est Razyé qui est mis en lumière.
- Étant donné son personnage largement solitaire et réservé, il ne nous est pas toujours clair comment Razyé se sent à l’intérieur- il ne partage que ses vraies émotions avec Cathy. C'est donc pourquoi par la perspective d’Irmine, il est démasqué, de manière à nous offrir une compréhension plus profonde de son vrai caractère.
- Le récit d’Irmine de Linsseuil se place directement après la mort de Cathy, alors les lecteurs, avec Irmine elle-même, voient Razyé dans tout son chagrin, « Il ne sent que le chardon et douleur griffant son cœur » [p.104]. Elle le décrit tandis qu’il crie pour Cathy « Où est-ce que tu es ? » [p. 105]. En outre, c’est Irmine qui fait remarquer premièrement la façon dans laquelle Razyé voit Justin-Marie, [à cause de son ressemblance à Cathy], et comment celui-ci semble à Irmine d’être « quelque chose de pervers et de redoutable »[p.111]. Ainsi, elle nous offre une image de ce qui se passera désormais. Voire Razyé passer sa vie en cherchant ce qu’il a perdue. « Je l’entends commencer à gémir comme tous les soirs- Cathy, Cathy ! » [p.107]. Comme ceci, sa perspective rend de plus en plus évident l’amour fort mais rempli de douleur entre Cathy et Razyé, et cela souligne un thème de Condé et Brontë -les effets de renier les vraies désirs.
- Cependant, Irmine n’est pas seulement les yeux à travers lesquels nous pouvons identifier les vraies identités de certains personnages, mais, l’on pourrait dire, un outil aussi. Razyé utilise Irmine. Il profite de sa naïveté en agissant tout comme s’il l’aimait, jusqu'à sa décision de se marier avec lui. Donc il tient dorénavant un outil parfait pour servir sa manipulation ; il se sert d'elle de pion sur son échiquier. « Vous êtes les instruments que je vais utiliser pour me venger » [p.109]. Il s’est marié avec elle pas seulement pour se venger contre Aymeric qui avait pris son amour, mais en même temps- contre tous les békés et la façon dont ils se sont permis de traiter les Noirs.
Pertinence à « Les Hauts de Hurlevent »
- Le personnage d’Irmine correspond à celui d’Isabel dans le récit de Brontë.
- Leur fonction narrative est pour la plupart le même. Elles se trouvent capté par Razyé/ Heathcliff à premiere vue, et les deux partent avec lui malgré que cela veuille dire la désunion complète avec leur famille. Pourtant, l’on pourrait dire qu’Irmine a souffert légèrement plus qu’Isabel- ce qui est peut-être une réflexion d’un contexte qui diffère largement.
- Aussi, il est vrai qu’Irmine narre l’histoire elle-même au cours de quelques chapitres. Condé lui a donné une voix de sorte qu’on puisse former une connaissance plus approfondie de son caractère, chose qui soit moins possible chez Isabel- qui ne narre pas dans l'original.
- Bien sûr, il y a sans doutes quelques changements aussi avec son personnage à travers les deux histoires. Par exemple, bien qu’Isabel échappe alors que Heathcliff pleure pour Cathy, Irmine n’a pas assez de chance. Razyé l’a trouvée et la font rentrer à l’Engoulvent avec lui, après lequel, elle se trouve chargeant de Justin-Marie aussi.
Rôle Historique
1. « L’avertissement des nègres » : Irmine comme un béké dans un monde de blanc et noir :
- La Migration des Cœurs se sépare largement à celui de Brontë surtout grâce au contexte historique. L’histoire se déroule dans une période marquée par les divisions raciales [Voir aussi: Migration des cœurs - Groupe 5: Intersections ]. Notre personnage Irmine fait partie des Békés sur cette hiérarchie. Elle vient d’une famille qui n’avait jamais voulu rien à faire avec les noirs [p.54] sauf en tant qu'ouvriers (puisqu’ils avaient employé « un centaine » [p.58] après l’abolition d’esclavage).
- En ce qui concerne la question de race, Condé nous offre une réflexion des pensées de l’époque- notamment la hiérarchie supposée entre les blancs et noirs. Il s’agit du racisme. Le rapport entre Irmine et Razyé souligne la peur des Noirs que sentaient les békés, et nous présente les notions impérialistes qui persistent malgré que l’esclavage soit fini- notamment- que le métissage n’est pas naturel. Effectivement, la famille de Linnseuil la désavoue après qu’elle ait choisi d’être avec Razyé, « Pour nous, Irmine est deja morte. Faites ce que vous voulez avec elle » [p.110].
- C’était un temps de changements [voir aussi: Migration des cœurs - Groupe 1: Histoires et récits ]; un réveil révolutionnaire, et tout cela fait peur aux békés, pour leur propre statut dans la société. Irmine se voit rejetant ces pensées traditionnelles quand elle brise ses relations familiales et se marie avec Razye, « Je vous hais, vous et votre société, qui n’avez jamais su inventer que l’avertissement, avertissement des nègres, avertissement des femmes… » [p.81].
- Il est vrai qu’Irmine s’intéresse à Razyé dès le début. Alors, il pourrait être que Condé fait un commentaire sur la fascination vers Razyé en tant qu'issue de colonialisme. « Je m’intéressais aux noirs » [p.107]. C’est-à-dire que, la curiosité et le sens de mystère, et ceux d'excitation qu’Razyé suscite à l’interieur d’Irmine, sont tous les résultats des pensées colonialistes- que les noirs sont par nature différents aux blancs.
- Donc, certes Irmine se place comme une béké qui s’oppose aux préjugés raciaux de la société (c’est-à-dire, en tombant amoureuse d’un noir et quittant sa vie à Belle-Feuilles pour vivre avec lui malgré les protestations que montrent sa famille), Condé souligne avec son personnage, les divisions raciales qui restent encore entre les blancs et noirs à l’époque.
2. « L’avertissement des femmes » : Irmine comme une femme au bout du XIXème siècle :
- Condé s’est efforcé de montrer pas seulement le statut des noirs dans ce contexte historique, mais celui des femmes aussi.
- Condé crée l’image d’un monde dans lequel les femmes sont encore subalterne, « unies dans la même sujétion »[p.56] et c’est Justin qui fait remarqué qu’en se mariant avec Aymeric- Cathy « prenait place de son plein gré dans une longue procession de victimes »[p.57].
- Dans la même façon, Razyé prend autorité sur Irmine même avant qu’ils se soient mariés. Quand leur rapport est révélé à Cathy et Aymeric, Razyé part, « Irmine suspendue à son bras » [p.79] et ainsi les lecteurs comprenant qu’elle a déjà lâché le peu d'indépendance qu’elle avait eu. En effet, après qu’elle part avec lui, sa vie devient celle d’un esclave et elle « s’occupait comme une mabo » [p.82]. En outre, elle se décrit comme « donnée » au Justin par Razyé [p.84]. Etant donné les viols qu’elle doit souffrir aux mains de ces deux hommes, c’est clair que même son corps ne lui appartient plus. Le rapport entre Razyé et Irmine est vraiment caractérisé par telle violence autant que la maltraitance psychologique, souvent on a l'idee que c'est la norme. Elle est prisonnière de Razyé qui ne la permet jamais sortir de chez elle [p.132]. Comme ceci, elle est le portrait exact d’une victime.
- Puisque Condé fait les commentaires sur les hiérarchies fondées par la couleur de peau, ainsi que les effets du colonialisme à cette époque, l’on pourrait dire qu’elle représente la violence vers les femmes comme déterminée par ce colonialisme aussi. Cela serait une idée qui suit celles de Frantz Fanon, qui a dit que la violence fera une partie intégrale de la décolonisation puisqu’elle avait été si inhérente à la règle coloniale.
- Qu’Irmine vit « dans un enfer » [p.84] est représentatif de ce qui était face aux de nombreuses femmes à l’époque, et ainsi, par son personnage, Condé a nous offert un aperçu de telle sujétion.
- Encore comme victime, au début Irmine se trouve dans un véritable abattement à cause de la mort de son mari malgré la façon dans laquelle il l’avait traitée. Est-ce que c’est un commentaire à propos de comment elle avait été tellement subalterne à un homme qu’elle pourrait voir à peine comment de mener sa propre vie seule après qu’il est mort ? « Sans le souci d’un homme et sa brutalité même pour occuper ses journées »[p.274]. C’est cette sujétion qui a formé son caractère ; il l’avait rendue tout-à-fait dépendante sur lui qu’elle ne sait plus rien d’autre, « Sur quoi est-ce qu’elle pleurait ? Sur un homme qui l’avait traitée comme on ne trait pas un animal ? » [p.275]. Cela était déjà remarqué qu’Irmine représente une différence assez signifiante entre ce récit ci et celui de Brontë. En fait l'on a suggéré que Condé a construit Irmine dans cette façon de manière d’exposer l’oppression des femmes dans la société postcoloniale, mais tout en faisant une critique sur la soumission totale, par la donnant une complexe de victime qui ne fait rien que l’enferme plus dans sa dépendance, [O’Regan, 2006 : 249].
La Deuxième Génération
Justin-Marie
Analyse du Personnage
- Le caractère de Justin-Marie est sombre et tragique; dés qu'on le connaît, il est tracassé par une maladie qui le reste frêle et débile. Il est intelligent et un bon étudiant qui ne veut pas qu'étudier [p.136]. Á premier regard il on présente comme enthousiaste et mûr, mais au fin de sa vie c'est clair qu'il est devenu aigre par sa maladie. C 'est impliqué aussi qu'il a appris a détester Aymeric dans son rapport avec Razyé, celui-ci ayant des plans pour exploiter le garçon dans sa guerre contre les biens et le bien-être de celui-la [p.135].
- En plus, c'est garçon sans père qui lutte avec la mort imminente et sa propre sexualité au même temps [pp.184-91]. Sa rejection d'Aymeric et tout ce que celui-ci veut lui offrir peut-être vu comme produit de l'isolement, souffrance et dépression d'une jeunesse brève.
Rôle Littéraire
- Justin-Marie se place au centre de la rivalité entre Razyé et Aymeric. Voyez Rôle Historique
Pertinence à « Les Hauts de Hurlevent »
SIMILITUDES :
- Comme sa contrepartie de « Les Hauts de Hurlevent », Linton voir l'arbre généalogique la figure de Justin-Marie c'est débile et frêle. En le deux cas, la dépression empire la maladie.
- Les deux sont innocents sacrifiés dans la rivalité entre des adultes; exploités et maltraités. Voyez Rôle Historique
DIFFERENCES :
- La différence principale entre Justin-Marie et Linton c'est que le garçon de « Les Hauts de Hurlevent » est tué par Heathcliff, délibérément pour hériter les terres dans lesquelles sa Cathy est enterrée.
Rôle Historique
- On peut considérer Justin-Marie comme les nations infantiles qui étaient menacés par l'instabilité politique et l'échec économique. Le produit de la Colonie et la France métropolitaine (représenté par Justin et Marie-France en nom aussi bien que ses qualités), il est toujours malade et ne pouvait pas vivre sans l’assistance des autres. Simplement, il est la continuation des racines historiques qui dépendent complètement en des forces extérieures pour exister. Comme les colonies des économies artificielles, Justin-Marie joue le rôle d’enfant parmi un monde des réalités dures.
- Avec regard à l'histoire des îles caraïbes, Justin-Marie prend le rôle des colonisés métis. Il n'appartient pas dans la communauté antillaise mais il est bien quitté de la France et la civilité dont il si appartient.
- Dans la lutte entre Razyé et Aymeric pour contrôler les affections du Justin-Marie, on voit la guerre idéologique entre les capitalistes et socialistes pour la « liberté » des autres, comment ils le définissent Dans le contexte de la Guerre Froide, cela représente les guerres de procuration (proxy wars) par lesquelles les pouvoirs des États-Unis et Soviet de Union ont évité la guerre actuelle entre eux.
Premier-né (Razyé II)
- Razyé II autrement appelé « premier né » est le fils de Razyé et Irmine voir l’arbre généalogie. Les lecteurs apprennent l’existence de Razyé II pour la première fois quand il est l’enfant qu’Irmine porte :
« ...ce garçon plante dans ma chair par un homme que j'avais fini par détester » [p.105]
- Quand il est né Irmine lui donne le nom « Aymeric » après son cher frère. Mais quand Razyé l’apprend, il lui dit :
« Tu as osé donner à mon enfant le nom de celui que je hais le plus sur cette terre? Est-ce que tu croyais que j'en avais fini avec toi? Toi et ton enfant, vous êtes les instruments que je vais utiliser pour me venger. Ca je vais me venger, et d'une façon éclatante, de ce que le ciel, de connivence comme toujours avec vous, les békés, m'a fait. Et mon histoire passera dans celle de ce pays ... » [p.110]
- Quelques années plutard quand il a 15 ans et après la mort de Justin-Marie Razyé II demande à Irmine : « Qu’est-ce qu’il y a entre eux (Razye etAymeric)? » auquel Irmine répond :
« Quelle question stupide ! Est-ce que tu ne sais pas que ton papa travaille pour les socialistes ? Ils veulent la fin des békés! » [p.205]
Cependant Razyé II n’est pas satisfait – il demande s’il y a « autre chose de plus personnel [?] » [p.205]. Il harasse avec ses questions et les lecteurs peuvent se rendre compte qu’il est curieux de connaître son passé à cause du présent :
« Tu n’as jamais fait grand cas de moi. Tu m’as toujours préféré Justin-Marie, qui n’était même pas ton garçon. Pourquoi ? Parce qu’il était plus clair que moi ? Presque blanc ? Qu’est-ce que les Blancs ont de plus que nous? Ils ne sont pas plus beaux ni plus forts. Leur cœurs n’est pas plus brulant el ils ne chérissent pas mieux » [p.206]
C’est à ce moment-là qu’Irmine « lui donna son premier baiser de mère » [p.206]
- Plus tard dans le livre, son père – Razyé – découvre qu’ils fréquentent la même prostituée - Mona [p.232].Donc Razyé II fuit la Guadeloupe pour Marie-Galante. C’est là qu’il trouve Cathy II qui est prof d’anglais dans une ecole. Quand Cathy II demande à Romaine ce qu’elle « connais d’un certain Premier-né… ? » [p.236] Romaine répond :
« - Premier-né ? Tout le monde sait que ce n’est pas le nom que sa maman lui a donné … Les uns disent que ça doit être un bâtard dont la couleur faisait honte à sa famille… Les autres pensent qu’il est venu ici pour se cacher de quelque mauvais coup… » [p.236].
- Finalement Cathy II apprend à Razyé II comment lire et ecrire. Leur relation complexe finira éventuellement en relation amoureuse [p.244].
- Razye II et Cathy II quittent Marie-Galante ensemble et commencent une nouvelle vie en Roseau où Cathy II est tombe enceinte.
- Pendant l’accouchement elle meurt et Razyé II reste seul avec leur fille, Anthuria.
Rôle Littéraire
- Razyé II a un rôle littéraire d’investigation. Comme nous l’avons déjà expliqué il pose de questions à sa maman au sujet de ce qui est passe pendant la première génération.
- Il est aussi conscient des tensions raciales puisque il demande a sa mère ; « Qu’est-ce que les Blancs ont de plus que nous? » [p.206] donc il continue ce thème.
- C’est aussi lui et Cathy II qui représentent l’inceste dans le livre après qu’ils se marient :
« Rien ne pouvait défaire le lien qui la [Cathy II] nouait a Premier-né corps a corps, cœur a cœur » [p.261]
et…
« Parfois, les mots tremblaient sur leurs lèvres, mails ils les retenaient, car ils avaient la conviction partagée, a ce qu’ils croyaient, par le restant du monde, qu’ils étaient faits l’un pour l’autre, comme si le même sang coulait dans leurs veines, qu’ils étaient proches comme un frère et une sœur séparés a la naissance… » [p.260]
- L’idée d’inceste s’accentue quand Cathy II est enceinte et « il [Razyé] voyait les cuisses de Cathy s’ouvrir dans les flots de sang sur un petit être monstrueux » [p. 299].
- Finalement c’est avec Razyé II et sa fille Anthuria que l’histoire se termine. Ils retournent a L’Engoulvent où Razyé II visite la tombe de son père :
« On aurait dit que quelque chose qui s’y trouvait lui faisait peur. C’est que les jambages entrelacés dans la pierre : CATHY DE LINSSEUIL-RAZYÉ lui avait fourni la preuve qui lui manquait » [p.336]
- Pour la première fois Razyé II comprend que « Cathy de Linsseuil et Razyé étaient aimés » [p.336].
Donc c’est ses pensées et réactions de cette nouvelle qui se terminent ce livre. En effet c’est lui qui renforce la magnitude énorme de ce rapport a travers les générations, un rapport toujours controversé :
« Cathy de Linsseuil-Razyé. Qui connaitrait jamais le détail de cette sombre histoire d’amour ?... Sa Cathy n’était plus sur cette terre pour partager ses doutes et ses effrois. Elle pouvait reposer dans l’ignorance. » [p.337]
Pertinance à Les Hauts de Hurlevent
DIFFERENCES
- En comparant les arbres généalogies, il parait évident que l’équivalent de Razyé II devrait être Linton. Mais, en fait dans « La Migration des Cœurs » , la vie de Razye II ressemble plus à celle de Hareton Earnshaw , le fils d’Hindley et Frances. Dans «Les Hauts de Hurlevent» Heathcliff, intentionnellement élève Hareton comme une bête à cause de sa haine pour son père – Hindley Earnshaw. Comme dans «La Migration des Cœurs » Razyé n’a que du mépris pour son fils – peut être parce qu ’il est le fils d’Irmine et pas de Cathy.
SIMILTUDES
- Razyé II et Cathy II se marient comme dans « Les Hauts de Hurlevent » la jeune Cathy est convaincu par Heathcliff de marier avec Linton [le fils de Heathcliff et Isabel].
- Après la mort d’Edgar Linton puis de Linton Heathcliff la jeune Cathy habitant à « Wuthering Heights » est veuve.
Cathy II
Analyse du Personnage
- De la deuxième génération, Cathy II, est élevée comme fille d’Aymeric et sa défunte femme- l’originale Cathy de Linsseuil voir l'arbre généalogique.
- Il parait que Condé s’est efforcée de renforcer comme Cathy est « jolie », « propre » et « éduquée » car les narrateurs la décrivent dans cette manière a plusieurs reprises, [p.295, 314, 223]. Malgré cela, elle est aussi décrite comme « sérieuse » et « grave », mais ce qui est la plus frappante en la rencontrant, est à l’égard de son apparence physique- effectivement elle est encore plus noire que sa mère : « On aurait cru qu’elle avait rejeté tout le sang blanc des Linsseuil et de sa mère pour privilégier sa lointaine part de sang noir » [p.141]. Ainsi, du début, Condé sème le doute à propos de son vrai sang.
- L'on pourrait décrire son caractère comme un peu triste et solitaire, « pour toujours seule dans la vie » [197] mais en même temps, elle est gâtée aussi, ce qui on pourrait faire remarquer par son comportement envers les domestiques qui s’élèvent, ex. « viens me laver, à présent. » [p.199]
Rôle Littéraire
- C’est de la deuxième génération, dans laquelle Cathy II fait grande partie, que le livre se tourne après la mort de Cathy la première. Sa fille donc devient un des personnages principaux, et elle a quelques fonctions importantes dans l’histoire.
- Premièrement, c’est par elle que Condé explore le thème récurrent de la quête d’identité. Cathy II se trouve élevée en ne connaissant presque rien de sa mère. De plus, il existe depuis toujours l’ambigüité en ce qui concerne son vrai père. Alors, après la mort d'Aymeric, elle part de l’endroit de son enfance parce qu’ « il fallait découvrir qui elle était réellement » [p.234].
- Cathy II entreprend sa quête aussi à cause du fait qu’elle avait fait face aux questions fréquentes à l’égard de son couleur tout au long de son enfance. Bien qu’Aymeric « n’avait jamais laissé de pareilles pensées effleurer son esprit » [p.141], les références sont constantes à une forte ressemblance entre Cathy II et Razyé, « Razyé y aurait glissé sa goutte de sperme que personne n’en aurait été étonné » [p.141]. En effet, une telle différence au récit de Brontë que ce serait, apporte celui-ci au tout autre niveau, alors qu’en ayant des implications pour ce qui se passera désormais.
- De plus, il semble que Condé utilise le personnage de Cathy II afin de faire un commentaire sur les liens entre les générations, c’est-à-dire, que les enfants portent les charges de leurs parents. Quand Ada parle de l’enfant de Razyé II et Cathy II, elle constate que les enfants « viennent pour vivre leur vie, pas pour embellir celle de leur parents » [p.318], pourtant, par rapport à Cathy II- c’est exactement ce qui s’était passé. Elle souhaite de venger son père Aymeric de plus en plus alors cela veut dire fait souffrir à Razyé, « elle n’avait eu qu’une seule envie : s’emparer du couteau de cuisine et le lui planter dans le dos » [p.256]. Effectivement il semble qu’elle ne soit jamais libre de son obsession avec ses parents ; sa mère qu’elle n’a jamais connue, ainsi que son père et l’homme qui lui a apporté la ruine. Alors le récit s’agit aussi de la question de la nécessité de laisser seul le passé un peu, de sorte qu’on puisse avancer dans sa propre vie.
Pertinence à « Les Hauts de Hurlevent »
SIMILITUDES :
- Après qu’ils viennent de se rencontrer, Cathy II trouve que Razyé II « n'est pas intelligent. Il ne dit rien d'intéressant » [p.245]. Pourtant il ne passe pas beaucoup de temps quand [et alors qu’elle lui apprend à lire et à écrir], elle commence de tomber amoureux de lui [p.245]. Comme ceci, le récit se déroule dans la même façon de « Les Hauts de Hurlevent ».
DIFFERENCES :
- Premièrement, qu’elle soit vraiment la fille de Razyé est une différence largement importante entre les deux récits, notamment quand on tient compte de l’amour qui épanouit entre elle et Razyé II- tous les deux les enfants du même père. Peut-être qu’on pourrait dire que cela entrain la fin pour Cathy II, qui meurt pendant son accouchement, « c’était son enfant qui la dévorait toute vivante » [p.316].
- L’on pourrait constater aussi une autre différence à l’égard du rapport de Cathy II avec son autre père Aymeric. Il n’y tient pas autant qu’Edgar dans l’originale qui y tient beaucoup, voire, quand il rencontre Justin-Marie, « il n’avait …ni yeux ni temps pour personne » [p.148].
Rôle Historique
Quel rôle représente le personnage de Cathy II ?
- Cathy II a du mal de se placer dans la société Guadeloupéenne où la ségrégation raciale est en vigueur. Bien que son père soit un béké riche de haut statut, son rôle social est ambigu, à cause de la couleur de sa peau. Alors elle doit faire face à une lutte interne qui ne se pose pas aux autres enfants dont la couleur de peau n’est pas aussi brune que la sienne, et elle se sent comme s’elle n’y appartient jamais, [p.199]. Les référencés à son « sang africain » renforcent l’attitude sociétal envers les noirs, car ce sont toujours ses traits animaux et incontrôlés qu’elle compare à cette partie de son héritage, « comme négresse marronne qui taillade à coups de machette le maitre qui l’a violée », [p.256].
- D’autant plus ambigu est son rôle dans la société après avoir déménagé à Marie-Galante, qu’elle est une femme bien éduquée avec une poste d’institutrice, « depuis quand est-ce que les filles sont capable de lire et d’écrire et d’enseigner aux enfants ? » [p.223]. Ainsi, dans cette partie Condé nous introduit à la pauvreté de l’ile « la misère s’inscrivait tout partout » [p.228].
- En fait, vers la quatrième partie, l’on pourrait dire qu’une vraie déchéance sociale est arrivée à notre Cathy II. A Roseau, elle se trouve en tressent des paniers et essayant de les vendre « au marché comme les autres femmes » [p.295], et avec Razyé II, elle vit dans la misère. Il se peut que Condé ait choisi ce cadre très dur pour Cathy II afin de montrer un contraste entre la vie de son enlèvement et celle de Roseau, ce qui met en lumière la vie tellement plus dure pour cette société- même bien après l’abolition d’esclavage, laquelle n’avait pas encore améliorée pour la plupart des noirs.
Les Domestiques
- L’ouvrage de Condé se rappelle à « Les Hauts de Hurlevent » par la dispersion de la structure narrative qui fait partie dans les deux textes. En effet, la dispersion de celui-ci est bien plus forte, mais peut-être ce qui importe plus sont l’identité des narrateurs eux-mêmes. La Migration des Cœurs se compose de douze chapitres du point de vue des personnages noirs, y compris un chapitre dont l’auteur est un homme. Ainsi, il reste onze dont les narrateurs sont les domestiques- toutes les filles noires desquelles la plupart sont les descendantes d’esclaves:
« … [L]e substitut maternel des deux Cathy, se divise en plusieurs personnages, voire six, descendantes d'esclaves ou de Zindiens : Nelly Raboteur qui s'occupe de Cathy jusqu'à son mariage, Lucinda Lucius qui s'en occupe après son mariage, mabo Julie qui a élevé Irmine de Linsseuil, Sanjita, d'origine indienne, qui s'occupe d'un autre domaine des Linsseuil, mabo Sandrine qui élève la deuxième Cathy et Ada qui raconte la periode de vie pendant la grossesse de cette dernière mais aussi sa mort à la Dominique » [Malena, 2000 : pp.52-53].
De plus, il y a ceux qui n’ont pas leur propre récit, mais qui font partie de l’histoire quand-même.
- Par ordre d’apparition :
a) Nelly Raboteur [Partie 1 : Chapitres : 3, 4]
b) Lucinda Lucius [9, 10]
c) Mabo Julie [14]
d) Sanjita [Partie 2 : 4]
e) Etiennise [5; La fille de Sanjita]
f) Dorsica [6 ; Elle s'occupe de Etiennise; Elle ne narre pas, mais Condé nous donne son point de vue]
g) Mabo Sandrine [8]
h) Romaine [Partie 3 : 3] (La servante avec qui reste Cathy II en Marie-Galante)
i) Ada [Partie 4 : 3]
- Pendant le temps d’esclavage, les colonialistes ne permettraient nullement l’expression parmi les esclaves [Crosta, 1999: 161]. Alors en racontant plusieurs parties son histoire par la perspective des domestiques, Condé donne une voix à ceux qui n’en avaient jamais avant.
- Auteur Suzanne Crosta souligne que la nature du système de plantation entrainait la tradition des contes oraux comme une des seules formes par laquelle les esclaves pouvaient contester leur oppression [Crosta, 1999 : 161]. En outre- étant donné que pour la plupart, les esclaves n’avaient aucune éducation, l’écriture ne leur était pas possible. L’on pourrait voir ainsi que Condé a évoqué cette tradition des contes oraux avec chaque « récit » qui est narré par les domestiques. Ainsi, on apprend un peu de leur Histoire, alors que Condé fait appel à la ségrégation raciale de la société même après l’abolition, tout en mettant en lumière la condition des femmes antillaises aussi.
- L’Histoire :
Ces récits nous permettent de faire une meilleure idée de l’histoire des gens dans la périphérie de la société guadeloupéenne. Par exemple, Condé fait référence aux certaines actualitées du temps, comme la fièvre typhoïde, provoquant la mort des trois garçons de Sanjita [p.161].
- La ségrégation raciale dans la société :
- « Parce que l’abolition de l’esclavage n’avait rien changé à rien. C’était toujours les grands békés qui faisaient la loi et les nègres qui mangeaient la misère. » [Nelly, p.26]
- « Pour ma lignée, la fin de l’esclavage n’a pas de signification. C’est la même tristesse, la même misère que nous mangeons depuis des temps et des temps. » [Lucinda, p.73]
- « Je resterais toujours et toujours une nègresse à Blancs » [Mabo Julie- p.115]
2) L’idéologie de la supériorité de la race blanche y demeure, et Condé renforce ce fait en montrant la manière dont quelques personnages ont envie d’être blancs, ex.:
- « Les gens les plus noirs se vantent d’avoir des parents blancs » [Etiennise, p.175]
3) De plus, parfois elle souligne aussi la mécontentent sentie par quelques personnages envers leur culture traditionnelle, que l’on pourrait voir ce sont des sentiments issus du colonialisme, par exemple Etiennise. Elle a l’honte en regardant la danse traditionnelle pendant une visite chez son amie de l’origine Africaine, [p.176] et elle fini le chapitre en disant « je voudrais fermer les yeux, prendre sommeil et me réveiller dans un autre pays, avec une autre couleur » [p.177]. Peut-être que cela met en lumière la question d’identite et ce dont les descendantes des esclaves ont dû faire face. De nombreux luttent à propos de leur identité parce que leur culture et leur identité vraie avaient toujours été supprimées et dévalorisées par les colonialistes. Effectivement au cours de La Migration des Cœurs, on rencontre plusieurs personnages comme Etiennise qui voudraient changer leur race ou couleur et adopter une identité tout-à-fait différente.
4) Ainsi que par les descendantes des esclaves de cette société, Condé nous présente aussi un récit du point de vue de la fille d’un Zindien, c’est-à-dire- quelqu’un qui venait de l’Inde pour travailler sur les plantations en Guadeloupe à la place des anciens esclaves. Sanjita, dont le père était exilé de l’Inde, s’agrandi dans la misère avec ses sept frères et sœurs, et dit que sa famille « ont toujours été au service de la famille Linsseuil » [p. 158]. Cependant, il est clair qu’elle s’efforce de se séparer des autres « Zindiens qui vagabondaient sur les routes, remplissaient les geôles et que tout le monde voulait renvoyer là d’où ils venaient » [p.160] en travaillant dur, à coté de son mari, sur une ancienne plantation de café où ils plantent les légumes.
- L'oppression des Femmes:
Enfin, en ce qui concerne les domestiques, Condé nous révèle l’oppression des femmes antillaises et le monde encore patriarcal dans lequel elles se trouvent. L’on a constaté que Condé a choisi de raconter dix sur onze récits par les femmes afin qu’elles aient un moyen de s’exprimer, et que c’est une réflexion de la manière dont Condé lutte contre la nature patriarcale de la société postcoloniale en Guadeloupe [O’Regan, 2006 : 245]. Ainsi, Condé célèbre la voix de la femme dans son histoire, et elle rend silencieux la voix de l’homme qui domine celui de Brontë, [O’Regan, 2006 : 245]. [Cependant, on a aussi constaté que partie du texte original sont des éléments déjà « subversifs » c’est-à-dire, contre-patriarcaux. Citons par exemple, que les lecteurs créent leur impression de Heathcliff par ce que dit Nelly Dean. Donc c’est par la perspective d’une femme qu’on apprend beaucoup à propos du caractère d’un personnage principal, [Malena, 2006 : 58].
Alors, les femmes ont le control narratif sur l’histoire dans La Migration des Cœurs, [O’Regan, 2006 : 247] afin de mettre en lumière l’oppression à quoi les femmes de l’époque ont dû faire face. Ainsi, on apprend de l’exploitation sexuelle qui s’y passait, ex. :
- « Ils disent que je suis trop haute, que je n’ai ni devant ni derrière et que l’amour avec moi serait pareil à un plat sans sel ni piment. Cela n’a pas empêché plusieurs d’entre eux de me renverser dans la savane et de me prendre par force… » [Lucinda, p.74].
- « j’ai satisfait les envies, celles du maitre comme celles de ses amis ou de ses visiteurs. Parfois debout dans l’escalier… » [Mabo Julie, p.114].
Les Personnages liés au Surnaturel
Melchior etant habillé de rouges et les blancs - les couleurs de son dieu Chango joue un rôle mineur mais important. C'est un personnage surnaturel qui peut prédir l’avenir. Condé le décrit comme :
« … Melchior n’était pas un personne ordinaire. Il est un « babalawo, grand prêtre de la santerìa, fils d’un omo-koloba qui, dans la pompe de son rang, avait rejoint Chango quelques années plus tôt » [p.13][Voir aussi : Thème de Vaudou et de Surnaturel.
Il a la responsabilité d’expliquer aux lecteurs ce qui est dans la tête de Razyé. Au début c’est lui seul à qui Razyé raconte la première fois les paroles au sujet de son histoire personnelle et de Cathy aussi. Il se souvient les paroles:
« Je ne pourrais jamais, jamais me marier avec Razyé. Ce serait trop dégradant … » [p.20]
- A travers l’histoire il y a quelques personnages surnaturels avec qui les autres personnages sont est en contact. En particulier, c'est Razyé qui cherche souvent les personnages surnaturels - ça permettre le lien constant à Cathy puisque quand Razyé cherche les personnes surnaturelles c’est normalement pour trouver les informations de Cathy ou de l’âme de Cathy.
- Melchior a aussi le rôle historique d’introduire l’abolition d’esclavage et les nombreuses groupes africaines existant à Cuba. Il est « en tête de la procession » [p.11]. Et derrière lui :
« venaient les Congos et les Lucumis en bleu et noir, les Araras en jupes de raphia ébouriffé… les Mandingues tellement élégants… » [p.11]
Voir les noms et origines de Cabildos
- Madhi est clairvoyant. D’un plus jeune âge, il est confronté au surnaturel. Sa curiosité le pousse à mieux comprendre ses capacités et il va vite créer une réputation auprès des autres:
« J’étais au faîte de ma renommée » [p.216]
- Il s’intéresse à ses pouvoirs et s’instruit au long de son voyage spirituel. Agé de dix-huit ans, il réalise son premier miracle.
Madhi est conscient de ses vies antérieures, il converse avec les esprits.
- Ce sont les pouvoirs que possède Madhi qui attirent Razyé. Ce dernier tentant désepérement de trouver un moyen de joindre Cathy.
- Le récit de Madhi est cours, ce personnage n’ayant pas de grande valeur dans la trâme narrative. Cependant il ne fait qu’emplifier le thème du surnaturel dans le roman.
« Je le sais, j'ai vécu dix vies, j'ai vécu cent vies avant celle que je vis aujourd'hui.» [p.213]
- Man Victoire vient à l'aide de Cathy en rémédiant aux forces et aux pouvoirs anciens qu'elle détient. Man Victoire ni vit pas comme les autres individus qui l'entourent
« Chaque matin, elle se levait dans le devant-jour et se ployait en prières sous un des mapous lélé du parc. Elle ne mangeait pas le manger dans humains ordinaires mais se préparait des migans qu'elle assaisonnait de paroles magiques » [p.81]
Elle n'apparaît que brièvement dans le roman mais sauve Cathy et amplifie les croyances de leur culture
« Cette fois encore, ce ne fut pas le docteur Louisor qui put la sauver avec sa médecine apprise chez les Blancs. Il ne servent à rien, les médicaments des Blancs. Il faut la science et la force de nos dieux d'Afrique.» [p.81]
Voir Aussi
- IRELE, Abiola. (1965). « Negritude or Black Cultural Nationalism », The Journal of Modern African Studies, Vol. 3, No. 3, pp. 321-348.
Références
BRONTË, Emily. (1992 [1929]). Les Hauts de Hurle-vent. Traduit par Frédéric Delebecque. Paris, Payot.
CROSTA, Suzanne. (1999). « Breaking the Silence: Cultural Identities and Narrative Configurations in the French Caribbean Novel », in HAIGH, Sam. (1999). An Introduction to Caribbean Francophone Writing: Guadeloupe and Martinique. Oxford: Berg, pp.159-66.
IRELE, Abiola. (1965). « Negritude Literature and Ideology », The Journal of Modern African Studies, Vol.3, No.4, pp.499-526.
JULY, Robert, W. (1964). « Nineteenth-Century Negritude: Edward W. Blyden », Journal of African History,Vol. 1, pp. 73-86.
MALENA, Anna. (2000). « Migrations littéraires : Maryse Condé et Emily Brontë », Traduction, terminologie, rédaction, vol.13, no.2, p.47-74.
O'REGAN, Derek. (2006). Postcolonial echoes and evocations; the intertextual appeal of Maryse Condé, New York, Peter Lang.











