Migration des cœurs - Groupe 2: Structure narrative

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La Migration des cœurs, qui est un roman majeur de l’auteur guadeloupéenne Maryse Condé, est inspiré par l’œuvre fascinante d’Emily Brontë Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent). Maryse Condé, une grande admiratrice de la littérature anglaise, a tramé l’intrigue de Les Hauts de Hurlevents dans La Migration des cœurs de façon de former une histoire riche qui se déroule aux Caraïbes au tournant du vingtième siècle, une période d’agitation sociale après l’ abolition de l’esclavage.

Condé transplante l’histoire d’amour de Heathcliff et Cathy dans La Migration des coeurs mais la donne un nouveau contexte culturel en insérant du créole et en situant l’histoire à Cuba, en Guadeloupe, à Marie-Galante et à Roseau en Dominique. L’histoire, qui se déroule d’une manière presque chronologique, possède un scellement de petites anecdotes des personnages différents. Cette structure atypique sert à éplucher la psyché des personnages.


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Contents

Structure Narrative

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En générale, Condé maintient la structure narrative de Wuthering Heights dans le sens où il existe des focalisations internes des personnages différents, parmi une structure compliquée de structure intrigue.

Brontë encadre une narrative de la domestique Nelly (Ellen Dean) par une narrative d’un homme riche (Lockwood) (qui peut-être renverse l’autorité de Nelly et donc questionne l’autorité des femmes et souligne leur manque de pouvoir), et une variété des autres récits sont éparpillé partout le roman par Heathcliff, Isabella, Cathy et Zilla. Ces récits sont sous forme de dialogue avec Nelly (Heathcliff et Zilla), le journal de Cathy, et la lettre d’Isabella. Les récits de Nelly et de Lockwoord fournissent la majorité de la narration et sont en grande partie objectifs. La position de Lockwood en tant qu'étranger fournit l'objectivité et ses questions donnent l'impulsion pour amener l’intrigue, pourtant l'objectivité de Nelly est un peu gênée car elle elle-même est un personnage central. En revanche, les autres récits sont beaucoup plus subjectifs et donnent différentes perspectives. Ils rendent l'histoire plus personnelle, fournissant un récit plus intime.

En dépit de ces perspectives différentes, la structure narrative de Wuthering Heights se compose plus de narrateurs multiples pour raconter un événement spécifique plutôt que des perspectives multiples sur le même événement. Chaque narrateur prend l'histoire pour fournir des perspicacités que Nelly ne peut pas fournir elle-même, qui contrastent avec les perspectives multiples qui nous obtenons parfois dans La Migration des cœurs.

Condé introduit bien plus de narrations d’autres personnages originaux, avec beaucoup plus de l'histoire narré par ces différents narrateurs. En outre, ces narrations des domestiques et des ouvriers qui fournissent aux lecteurs une vue de plusieurs facettes de l’histoire et de l’Histoire, et qui accentue la complexité des questions concernant la race, la religion, la politique et la classe. C'est-à-dire, tandis que Brontë se concentre sur les événements immédiatement au sujet de Catherine et de Heathcliff, Condé augmente sur tous les aspects de souffler des tailles créant un récit bien plus complicité que l'original.

Première Partie: Cuba, La Traversée, En Guadeloupe

Wuthering Heights commence au point où une grande partie de l'action a déjà été accomplie, vers la fin du récit de la deuxième génération. Ceci accentue l'existence de deux fois différentes de la référence dans le roman. Le premier est ‘le récit de présent’ qui est dans l'ensemble raconté par Lockwood, et commence quand il loue d'abord Thrushcross Grange. La seconde est 'le récit de passé’, qui est le moment où les événements que narre par Nelly ont eu lieu. Le roman n'est pas, cependant, un seul compte d'un récit réglé dans le passé qui est séparé au récit actuel. Comme devient évident plus tard dans le roman, les vies des caractères du récit passé auront rattrapé avec l'époque actuelle (le commencement du roman). Lockwood sera devenu impliquée, et de passé et présent ont mélangé. À peu d'exceptions, donc, une fois que Nelly a commencé son conte, le roman suit une structure en grande partie linéaire, seulement pour être interrompu parfois par Lockwood. En revanche, La Migration des cœurs commence pendant les trois années où Razyé avait disparu. Ce qui est intéressant, c'est que cette période n'est jamais expliquée dans Wuthering Heights. En remplissant ces trois années dans La Migration des cœurs, Condé peut donner un contexte historique, avant que le lecteur pénètre dans l'histoire. Il contextualise le roman d'une manière qui n'est pas Wuthering Heights, permettant à des éléments culturels et coloniale, et des considérations de classe, d'être raconté. (Voir aussi Dialogues Intertextuels.)

Dans la première partie, il y a beaucoup de narrateurs et plusieurs changements de focalisation. À exception d’Irmine, pas de narrateurs sont les personnages principaux. La fois de la référence également passée rapidement pendant cette première partie. Le premier chapitre commence à Cuba, avec un narrateur omniscient qui met en place de ce contexte historique et culturel, et la mystérieuse Razyé est introduit dans le deuxième chapitre. Ici, la focalisation change à la pensée de Razyé (focalisation interne) et un style indirect libre est employé.

Les chapitres trois et quatre pour passer ensuite à ressemble beaucoup de la structure narrative de Wuthering Heights. Chronologiquement, ces chapitres sont le début de l'histoire enchâssé. De même, dans les deux Wuthering Heights et La Migration des cœurs, l'histoire est racontée par le personnage de Nelly par le style direct et un retour en arrière. En raison de cette focalisation externe, le lecteur apprend à connaître les personnages de Cathy et Razyé. Alors que Nelly Dean raconte la majorité de l'histoire dans Wuthering Heights, cependant, dans La Migration des cœurs, Nelly Raboteur est seulement désigné ces deux chapitres. Cette différence est peut-être révélateur de la société des Caraïbes où il ya beaucoup de domestiques.

Dans le cinquième chapitre, nous sommes passés rapidement au retour des Razyé à Guadeloupe après ses trois années à Cuba, avant de revenir à l'histoire de l'embarqué. Ici, on nous dit plus sur ce qui s'est passé pendant l'absence de Razyé par un narrateur omniscient, avant Justin Gagneur prend dans le sixième chapitre, en donnant la deuxième récit enchâssé. Le résultat est que Justin se confond avec le narrateur principal. Cette fusion a pour effet de poursuivre la parcelle, tout en offrant une perspective différente sur l'action, avant la omniscient narrateur revient dans le chapitre sept.

Le chapitre huit est encore narré par un narrateur omniscient, avec des focalisations sur Cathy et Aymeric, surtout pour développer leurs pensées, pour la plupart au sujet de Razyé. Le groupe de Belles-Feuilles va à Dolé-Les-Bains. Parce que c’est un chapitre qui plante le décor pour les événements qui suivent, l’utilisation d’un narrateur omniscient est utile, de montrer les pensées de tout le monde avant le tournant du roman.

Dans le chapitre neuf, Lucinda Lucius narre. Elle décrit l’histoire de sa famille (qui donne un exposé plus compréhensif sur l’histoire de l’esclavage en Guadeloupe), et son passé avec les Linsseuils (d’où on peut obtenir plus d’information sur les rapports entre les noirs et blancs, et le cas spécial d’Aymeric de Linsseuil). Elle donne un point de vue sur Cathy différent que les autres pourraient donner s’ils narraient. À la différence de Wuthering Heights, on apprend par lettre qu’Irmine est partie pour vivre avec Razyé, écrit à la mère de Linsseuil. C’est une narration épistolaire qu’on trouve des fois en Wuthering Heights, et la deuxième lettre, écrite à Lucinda Lucius (au lieu de Nelly en Wuthering Heights), suit le même format qu’en Wuthering Heights.

Lucinda Lucius continue à narrer le chapitre dix, où Cathy est toujours malade et elle parle de la vie après la mort. Le chapitre commence avec une description inquiétante de l’état de santé de Cathy, et puis une référence à « fêter les morts » (p. 85), qui est peut-être une préfiguration de tous les morts qui suivent. Le chapitre est très court par rapport aux autres, probablement pour donner plus d’impact sur les trois importants événements.

Le chapitre onze est divisé en deux parties. La première partie n’a pas de narrateur, et elle a une focalisation sur Aymeric et Lucinda (pour montrer leurs pensées de Cathy et de Razyé, du racisme et de la veillée). La deuxième partie est narrée par Cathy, après la morte. La choix d’une narratrice qui est morte donne un fort sens de surnaturel, (grand thème dans le livre), et aussi montre l’importance de la mort (une migration) dans le roman.

Le chapitre douze est encore très court, et se concentre sur les attentats de Razyé d’utiliser les moyens magiques (à travers Ciléas) d’empêcher Cathy de le quitter après elle meurt. Le chapitre est divisé en deux parties (la première qui décrit Ciléas et sa conversation avec Razyé, la deuxième qui traite la mort de Ciléas) pour mettre l’accent sur l’importance du surnaturel et de souligner les manières différents dans lesquels les deux morts sont traités.

Narré par Irmine de Linsseuil, le chapitre treize donne un point de vue unique. Elle parle de mabo Julie, exposant le rapport entre mabo et enfant. Irmine s’enfuie avec son enfant chez mabo Julie pour habiter avec elle, montrant la différence de niveau de vie entre les blancs (par exemple la famille à Belles-Feuilles) et les noirs (ceux qui habitent à Petit-Canal). Elle raconte les réactions de Razyé est venue et enfin la mort de Justin. L’effet de cette narration par Irmine est de montrer la mesure de la pouvoir de Razyé sur ses émotions et ses actions.

Mabo Julie narre le chapitre quatorze ; elle donne une autres perspective de la situation entre Razyé et Irmine, et elle est plus objective que si Irmine où Razyé le narrait. Par contre, elle déteste Razyé tellement qu’elle lui appelle « Démon » (p. 115) donc sa narration n’est pas de tout impartial. Elle montre l’affection qui existe entre une mabo et un enfant, et elle souligne la pertinence de l’esclavage longtemps maintenue dans la société. Sa narration montre les rapports variés entre les noirs et les blancs.

En chapitre quinze on apprend l’histoire de Razyé, qu’est-ce qu’il a fait à Cuba, et on apprend qu’il commence à agir au niveau de la politique pour réaliser ses buts de vengeance contre Aymeric de Linsseuil. Le chapitre n’a pas un narrateur, mais la plupart c’est un monologue de Razyé au sujet de Cuba, qui montre comment con caractère est formé (ce qui est absent en Wuthering Heights). Cette inclusion est probablement de montrer encore les tensions de la région aussi que l’héritage de l’esclavage qui existe toujours et partout dans la région.

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Deuxième Partie: La Guadeloupe

La deuxième partie marque le début d’une nouvelle époque comme on rencontre de nouveaux personnages qui amplifient les vies de la dernière génération. Ici, pendant que la narration suit une structure linéaire en utilisant le narrateur omniscient, Condé fournit des retours en arrière par des narrateurs spécifiques tel que Sanjita, Etiennise, Mabo Sandrine et Madhi. Cette méthode de narration est efficace pour éclairer des contextes socio-historiques tel que la transportation des manouvriers inféodés indiens à la Caraïbe au milieu du 19ème siècle.

C’est grossièrement 1913; environ dix ans après qu’Irmine est tombée amoureuse de Razyé et s’est enfuie de Belles Feuilles avec lui. Notamment, Condé maintient la nature insaisissable des dates comme dans Wuthering Heights; où bien que certains années sont mentionnés peu souvent, il y a des indications de temps tel que l'âge des personnages « Le jour de ses dix-sept ans, Justin-Marie.. » (p.131) et des périodes de séparation « Amyeric n’avait pas croisé le chemin de sa soeur depuis près de dix ans » (p.134). La lecteur est introduit à leur vie domestique malheureuse à la Pointe, maintenant avec une nombreuse progéniture y compris un orphelin. Chapitres 1 à 7 focalise surtout sur le personnage de Justin-Marie aussi bien que l’imagerie de la maladie, du mort et des aspects du surnaturel qui lui entourent. Le titre Une rencontre lourde de consequences suggère le tournant qui entraîne à une nouvelle série des complications autour les personnages des familles Gagneur et de Linsseuil. Par example quand Amyeric rencontre son neveu par hasard ceci déclenche d’une obsession qui provoque finalement sa propre mort. En outre le function du narrateur omniscient permet plus d’un personnage se livrer au déploiement des événements à l’intérieur d’un chapitre. Par example, dans Retour au domaine des Belles-Feuilles, la narration entoure l’arrivée de Justin-Marie et des pensées de ceux qui sont affectés par lui car pendant qu'Aymeric le vénère, Cathy II et Marie de Linsseuil le méprisent. Donc cela donne à la narration des centres multiples d'intérêts autour d'un événement, plutôt que les pensées seules d’un narrateur specifique comme dans des autres chapitres.

A cet instant (chapitre 7), il est important de contempler le personnage de Justin-Marie car il provoque des parallèles avec le personnage d'Hareton dans Wuthering Heights. A cela s'ajoute le fait qu'il évoque aussi la notion de migration qui a lieu sur un niveau psychologique voire surnaturel. Condé a changé complètement le nom d’Hareton dans La Migration des cœurs car elle nous présente un personnage qui est fort différent. Dans La Migration des cœurs son prénom « Justin-Marie » ajoute un aspect féminin à son personnage, ce qui est amplifié par son corps délicat. Dans Wuthering Heights, Hareton est fort et masculin, voire une projection d’Heathcliff lui-même. Ce qui est unique dans La migration des cœurs en ce qui concerne le personnage de Justin-Marie, c’est qu’il soit une sorte de réincarnation de Cathy, « [Aymeric] associait Cathy et Justin-Marie dans la même peine et le regret, comme s’ils n’étaient qu’une seule personne » (p. 207). Ce concept de réincarnation exprime la notion de la migration des esprits des personnages, qui est en filigrane du roman. En outre, en contraste avec le personnage d’Hareton en Wuthering Heights, Justin-Marie possède une facette sinistre et possessive. Cette facette est soulignée par le viol violent d’Etiennise.

Après le viol d’Etiennise et la mort de Justin-Marie (sa mort étant « comme [un] fruit [qui] tombe à terre avant le fruit mature » (p. 192)), le lecteur est plongé dans la psyché de mabo Sandrine (chapitre 8). Dans ce lieu (Belles-Feuilles) rustique résonnant de tristesse, mabo Sandrine exprime le fait qu’elle n’a pas porté Justin-Marie dans son cœur. Née le mois où l’on a annoncé l’abolition de l’esclavage, elle raconte l’histoire de la relation houleuse entre sa mère et son père et comment Aymeric Linsseuil avait eu pitié et a gardé sa mère comme blanchisseuse. Néanmoins, malgré sa gentillesse, mabo Sandrine n’arrive pas à aimer Aymeric car « un maitre, c’est un maitre. On ne peut pas l’aimer » (p. 195). Au milieu de ses pensées socialistes (enflammées par Jean-Hilaire Endomius) elle souligne son amour pour Cathy « [q]uand elle est la, c’est comme si une eau de rosée tombait sur la sécheresse de mon cœur » (p. 197). Elle décrit la curiosité de Cathy en ce qui concerne sa mère et son vrai père et médite sur la nature étonnante de la couleur de Cathy, « [l]e sang africaine est traitre. Il est tenace. Il circule en cachette, puis il reparaît au grand jour au moment où personne ne l’attend plus » (p. 199-200).

Après cela (chapitre 9), la narration acquit un ton impartial et décrit l’enterrement de Justin-Marie (son corps ayant déjà commencé à se décomposer). Sentant trahi par Justin-Marie et à cause de l’avarice injustifiable de Razyé, l’enterrement de Justin-Marie est décrit comme étant de troisième classe (« sans orgue, sans harmonium ni chœur des enfants de Marie » ) (p. 201). Il est à cet enterrement que l’on voit vraiment l’épluchement des pensées de RazyéII. Comme Cathy, il possède une curiosité insatiable concernant l’histoire de ses parents et la cause de l’éternelle souffrance de Razyé. Bien qu’Irmine n’éclaire pas l’origine du chagrin de Razyé, elle commence à vraiment aimer son fils d’une manière maternelle car avant « elle ne savait jamais si elle avait envie…de le repousser ou de le serrer contre elle » (p. 203).

La deuxième partie du roman finit par une description de la relation sexuelle entre Razyé et la prostituée Mona (chapitre 10). Il est ici qu’on voit une décortication de la souffrance interne de Razyé « [i]l ne s’était pas passé un seul moment d’un seul jour de sa vie sans qu’il ne fleurisse sa tombe [celle de Cathy] dans sa mémoire » (p. 208). Le dernier chapitre (chapitre 11) est quant à Madhi, (un clairvoyant qui a fait revenir le sang aux joues d’une femme morte) et décrit son rendez-vous avec Razyé au but de trouver l’âme de Cathy sur la terre. Le rendez-vous n’est pas fructueux et Razyé repart dans la nuit.

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Troisième Partie: Marie-Galante

La troisième partie de l’histoire a lieu sur l’île de Marie Galante, située à une quarantaine de kilomètres de La Pointe. Avec le titre du premier chapitre « Belle Ile en mer », Condé emploie une ironie délicieuse car la focalisation de ce chapitre (et en effet cette partie du roman) est le fait que Marie Galante est une île à l’abandon, ravagée par une épidémie de choléra et sans aucun esprit. C’est pourquoi elle mérite le nom « l’île qui meurt » (p.222). Il est au milieu de ce chapitre qu’on raconte pour la première fois le personnage mystérieux de Romaine. Il est aussi dans ce chapitre où le fil de l'histoire concernant Cathy et son expérience en Marie Galante se fabrique. Comme son père (Aymeric), Cathy commence à aider la société en Marie Galante et à créer un environnement plus fertile pour les enfants nègres malgré la hésitation de leurs parents, qui ont partagés «entre un reste de tendresse et de l’horreur de celle qu’elle représentait » (p. 266).

Après cette introduction, qui est pleine d’imagerie inspirée par la qualité de vie en Marie Galente, le lecteur est guidé (par un narrateur impartial) vers la première rencontre entre Cathy et RazyéII, qui s’appelle « Premier-né » (chapitre 2). L’objectivité du narrateur est importante dans ce chapitre car cela nous permet de voir les pensées internes des deux personnages. En outre, leurs pensées internes soulignent la relation conflictuelle entre les noirs et les békés.

« [Cathy] voyait tout le ridicule de sa conduite. Quelle idée l’avait prise d’avoir poudré à frimas les têtes grenées de ses petits nègres » ? (p. 231)

« [Cathy] appartenait à une famille qui lui était odieuse non seulement à cause de ce que Razyé et les socialistes racontaient sur tous les Blancs et les mulâtres, mais parce qu’elle avait donné l’exemple du racisme et des préjugés de caste en condamnant sa mère à la pauvreté et à la souffrance ». (p. 233)

Néanmoins, il est ici qu’on voit la première étincelle de l’amour que Cathy accumule pour RazyéII, « [o]r voilà que le désir de revoir Premier-né la prenait comme une maladie ». (p. 235)

Le chapitre suivant (chapitre 3) est quant à Romaine et explore son histoire personnelle et son observation de l’amour entre Cathy et RazyéII, qui va croissant. Née dans une famille où « on mangeait de la misère » (p. 238), elle décrit son arrivée à La Pointe (au but de chercher la vie qu’elle toujours voulait) et sa relation amoureuse avec Déodat Déodatus, qui a été battu à mort à cause de ses convictions socialistes. Sa réflexion sur la douleur qui accompagne la mort d’un amant peut être appliquée à une myriade de personnages dans le roman : « On dit que la peine diminue avec le temps. Ce n’est pas vrai. Plus les années passent, plus elle devient envahissante, et elle ne laisse de place à aucun autre sentiment ». (p. 241).Romaine finit son récit en décrivant la relation naissante entre Cathy et RazyéII et le soupçon qu’elle possède concernant ce qui va se passer : « Premier-né venait tous les jours…moi, j’attendais la fantaisie du destin » (p. 245).

Dans le chapitre suivant (chapitre 4), on est plongé au milieu des événements concernant l’état émotionnel de Cathy. Razyé, d’une manière audace, se présente chez elle pour trouver son fils, RazyéII. Il ne le trouve pas, mais il est ici que le feu de sa vengeance est encore attisé.

« [C]ette vengeance à laquelle il ne songeait pratiquement plus, voilà qu’elle se réalisait. » (p. 248)

« Le nom de Linsseuil serait sali. Sa marcotte prendrait la place de la plante originelle. » (p. 252)

Il est aussi dans ce chapitre où Condé soupçonne, d’une manière flagrante, que Razyé est le père de Cathy, « [l]a ressemblance qui la tracassait tellement depuis qu’elle se louait chez Cathy, c’était avec lui ! Avec lui ! » (p. 250)

A la suite d’une tempête vicieuse (chapitre 5), on apprend (quand Cathy confesse au père Dupuytren) que cette rencontre entre Cathy et Razyé a enflammé son désir de le tuer. En plus, on apprend que Cathy a mis Romaine et son fils dehors parce qu’elle a pensé que Romaine s’était louée chez elle pour s’espionner. A cause de cette action, Romaine et son fils ont disparu au cours de la tempête. Etant vraiment affectée par la conscience de son péché, Cathy est seulement consolée par son amour pour RazyéII qui lui présente une petite note d’espoir, « [r]ien ne pouvait défaire le lien qui la nouait à Premier-né corps à corps, cœur à cœur ». (p261)

La chute et la mort de Razyé sont présentées dans le style indirect libre, à travers les yeux de Hosannah et d’Irmine, les deux femmes qui sont les plus proches de lui à ce moment-là –

Hosannah: Bon Dieu! Plus elle le regardait, plus elle le voyait pareil à un soukougnan. Est-ce qu’il était un homme comme les autres?(p. 262)
Irmine: Depuis que Razyé était revenu de Marie-Galante...elle l’avait trouvé changé. Il ne sortait plus et restait des journées entières enfermé au galetas sans boire, sans manger, sans faire aucun bruit...Razyé n’était-il pas malade? N’était-il pas en train de perdre la tête? (p. 263)

La narration change quelquefois au narrateur omniscient (la focalisation zéro) qui rend banale et diminue le pouvoir de Razyé, « La mort a ce privilège qu’elle rabote les humains...C’était un ladre et un coureur de jupons...pourquoi est-ce qu’on avait eu tellement peur de lui? En fin de compte, il avait servi de domestique aux socialistes, d’esclave, de nègre. » (p. 267)

Et lorsque Gengis voit le fantôme de son père, il n’a plus peur de lui, « Il lui semblait qu’il était devenu son égal, voire son supérieur. » (p. 278)

Le récit de Roro (le pêcheur) aussi bien que celui d’Ada (la revendeuse des poissons - voir la quatrième partie) dans la quatrième partie, servent d’un rôle symbolique, donnant une voix aux marginalisés et l’homme ordinaire et dans un sens, réécrivant l’Histoire car l’Histoire est normalement écrit par les vainqueurs et les gens puissants. En plus, son récit crée du mystère et du suspense en ce qui concerne les relations entre Razyé II et Cathy II - « Pourquoi est-ce qu’il avait quitté Saint-Louis?...pourquoi emmenait-il Mademoiselle Cathy avec lui? Qu’est-ce qu’il y avait entre eux?. » (p. 286)

Ensuite, Irmine réfléchit à sa vie, commençant le dénouement du roman et étant un exemple important de la migration des sentiments dans le livre. Elle a admis auparavant dans le livre qu’elle le haïssait, mais « au moment où elle le perdait, elle devait admettre qu’elle l’aimait autant qu’au premier jour...elle s’apercevait que d’une certaine manière elle ne regrettait rien. » (p. 270) En outre, « elle, qui toutes ces années avait tellement haï Cathy, ne ressentait plus aucune jalousie. » (p. 273)

Tous ces éléments entraînent de la fermeture.

Le point de vue de Gengis, un personnage mineur et fils de Razyé et d’Irmine, met en contraste le point de vue d’Irmine - « comme les autres enfants, il avait encore dans l’oreille les injures et le mépris dont Razyé l’abreuvait dès qu’il mettait les pieds dans la cour. » (p. 275)

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Quatrième Partie: Roseau

La quatrième partie se compose des points de vue de Razyé II et de Cathy II. Razyé II décrit la diminution de son amour pour Cathy, « il en était venu à la considérer comme une sœur, » (p. 297) qui est ironique car elle est sa demi- sœur. De plus, Cathy II donne une perspective différente sur l’amour de celle de Razyé et Cathy I, « Il est vrai qu’elle non plus ne le désirait pas...qu’est-ce que l’amour? Un boucan de feuilles frivoles qu’on allume au serein et qui, au matin, n’est plus qu’un tas de cendres...un piège. »(p. 301)

À travers le récit d’Ada, on voit de près les emotions de Cathy II, « Les larmes coulaient sans bruit sur ses joues et elle tremblait comme une feuille...elle s’est mise à...me raconter des histoires sans queue ni tête oû j’entendais continuellement nommer le nom de son papa, de sa mabo, de ses frères, de sa bonne, une certaine Romaine. » (p. 315) De plus, son récit souligne les mauvaises conditions de vie des pauvres avec la technique littéraire du sarcasme, « Avant de manger, nous ferons le signe de croix et nous remercierons le bon Dieu pour ce qu’il ne nous a pas donné. » (p. 319)

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Cinquième Partie: La Guadeloupe

Le narrateur omniscient conclut le roman de la même façon que dans Wuthering Heights, avec le thème du surnaturel, « Ceux qui s’attardaient dans les parages à ces heures-là racontaient qu’il s’y produisait des choses pas naturelles...le coin était habité par des esprits. » (p. 334)

Comparable au sens d’inquiétude à la fin de Wuthering Heights avec Heathcliff, Cathy et Edgar enterrés ensemble, les esprits dans La Migration des cœurs ne reposent pas en paix – « des esprits pour qui 'repos éternel' était loin de vouloir dire 'paix', et qui risquaient fort de passer leur colère sur les vivants. » (p. 334) La phrase finale du roman - « Une si belle enfant ne pouvait pas être maudite, » (faisant allusion à Anthuria, la fille de Razyé II et Cathy II) – est ambiguë, car soit elle pourrait être positive, soit elle implique du pressentiment.

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Dialogues Intertextuels

Les références intertextuelles, qui sont souvent enchâssées dans le roman, servent à enrichir l’histoire et à nous faire méditer sur les questions sous-jacentes du roman. En transformant le cadre, le roman de Condé élucide de nouvelles perspectives et ajoute un autre niveau de la sophistication au roman original de Brontë, tout en augmentant la signification de son propre roman.

Noms de Personnages

 Généalogie du personnages en La Migration des cœurs et Wuthering Heights

Voir aussi: Les personnages

Ceux qui ne sont pas changés (et pourquoi)

Cathy: Son nom n'est pas changé afin de rester fidèle à Wuthering Heights et de garder le sens que le lecteur connais l’histoire et les personnages. Le fait que le personnage de Cathy est presque exactement la même rassure le lecteur et l’incite à continuer à lire. En outre, son nom européen « illustre le rejet de l’héritage africain » et son désir d’être blanche. Le nom indique « la dépersonnalisation de Cathy et sa possibilité d’insertion dans le monde blanc qu’elle » a choisi (Vete-Congolo, p. 216).

Nelly: Elle a gardé son nom pour les mêmes raisons que Cathy; elle apparaît près du début du roman, et elle a la même personnage avec le même rôle (au moins au début, comme narratrice).

Traductions « exact »

Gagneur: Changé de « Earnshaw, » cela garde le sens de gagner (l’argent) mais c’est plus concentré en perdant le « shaw. » Peut-être aussi c’est une réflexion du fait que dans le livre original la famille était relativement pauvre, mais dans la Migration des cœurs c’est une famille qui gagne… en statut social aussi qu’en argent, des aspects qui n’existent pas dans la même façon dans l’originale.

Razyé: Cela garde l’idée du roman original aussi, avec « Heath » étant une type de plante et « cliff » une falaise, « Razyé » c’est une type de plante qui grandit sur les falaises, donc Maryse Condé a bien gardé le sens du nom et elle l’a aussi donné une signification avec la Guadeloupe qui marche avec son adaptation.

Autres changements

Edgar/Aymeric: Aymeric est un prénom de Saint, assez populaire en France et avec des connotations de noblesse. Ce choix de prénom souligne le fait que le personnage est dans un niveau social plus haut des autres personnages (les noirs et les mulâtres), et aussi fait référence à sa tendance d’essayer de protéger ses ouvriers et sa famille, surtout Cathy. Aymeric a le même son que « l’Amérique » qui rappelle la liberté, l’égalité raciale, et la déségrégation. Ce sont les idéals qu’Aymeric représente, même s’ils ne sont pas réalisés en pratique, ni aux Etats-Unis, ni en Guadeloupe, ni même chez Aymeric (il est maitre de plusieurs noirs malgré le fin de l’esclavage, et il déteste Razyé pour ce qu’il est : « un individu sans nom, sans éducation, sans aucune qualité. » (71) Ces problèmes sont une fonctionne de sa race, et ils sont les choses sur lesquels Razyé n’a pas de contrôle).

Isabella/Irmine: Irmine est aussi un prénom lié avec la noblesse du passé et avec l’église, mais il n’est pas tellement populaire qu’Aymeric, ni tellement connu, qui reflet sa relation avec son frère ainé.

Hindley/Justin: Le prénom Justin vient de Saint Justin. Maryse Condé l’a choisi peut-être de l’ironie, car le nom vient du mot latin justus, qui veut dire « juste, » quelque chose que le personnage n’est pas du tout, en aucun des deux livres.

Francis/Marie-France: Son prénom est peut-être lié avec ceux en Wuthering Heights – « Francis » a le même son que « France » et aussi, le nom rappelle le fait que Justin se mari avec quelqu’un d’un statut sociale plus haut que lui – une blanche qui vient d’un des « meilleurs » familles de békés, comme si elle vient de la France.

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Le Cadre

L’Isolement de Wuthering Heights contre la populace de La Migration des cœurs

Les maisons avoisinants de ‘Wuthering Heights’ et ‘Thrushcross Grange’ enveloppée par les bruyères isolées et brumeux de Yorkshire, fournissent le cadre entier à l’action du roman de Brontë. Contrairement à cela, Condé manifeste le cadre au réseau tumultueux des îles exotiques de Caraïbes où l’action a lieu dans beaucoup de différents endroits. À la meme temps elle utilise ‘L’Engoulevent’ et ‘Belles-Feuilles’ comme les domaines équivalents à ceux dans Wuthering Heights.

La mise en isolement est importante dans le roman de Brontë où le temps stagne, mais la transformation de la Caraïbe par Condé n'est pas un choix complètement arbitraire. Heathcliff est décrit comme ‘a little Lascar or an American or Spanish castaway’ (ch. 6), et on peut en déduire qu'il est peut-être un produit de la traite négrière. Ainsi, par la transformation de La Migration des cœurs pour les îles des Caraïbes où héritage de l'esclavage sur la vie, Condé ajoute également un nouveau niveau de signification de l'œuvre originale Brontë. Comme le lecteur n'est jamais dit explicitement l'origine de Heathcliff, cependant, Brontë peut d'assurer la pérennité de son roman. D'autre, dans La Migration des cœurs, Condé fourni immédiatement un contexte historique de son roman par son choix de l'envoi de Razyé à Cuba au cours de ses trois années absence. Nous apprenons que pendant ce temps, Razyé avait été mercenaire des Espagnols pour éviter la prison (ch. 2). Condé n’avait aucune raison pour laquelle Razyé a dû aller à Cuba, sauf à nous faire partie de ce contexte et référence de fois, ce qui donne au lecteur un élément de plus qui ne sont pas réalisés dans Wuthering Heights. Donc, par cette transformation, Condé peut éclairer l'importance des relations sociales et raciales dans les îles, ce qui donne au lecteur une nouvelle perspective sur l'histoire des îles. En outre, cette transformation met en lumière une nouvelle perspective sur Wuthering Heights qui ne seraient pas autrement être obtenue.

L’enceinte des personnages et d’une route qui lie les deux maisons dans Wuthering Heights suggère une indépendance du monde extérieur permettant le tempérament du rapport entre les protagonistes se developer dans celui qui est dévorant d’âme, égoïste, déprimant encore tout le meme brut et beau. En revanche un cadre international loin de Yorkshire où les personnages bougent entre de différentes grèves Antillaises et des cultures est utilisé par Condé où elle emploie pas seulement la liaison de stéréotype de la femme et du homme Byronic, mais également elle l'augmente par un genre post-colonial qui est réfléchi et dépendant du monde extérieur tel que l'espagnol colonisé la Cuba et la Dominique et le français colonisé Guadeloupe. Un sentiment fort de style Gothique où l’amour se rejoint la misère et le bien se rejoint le mal est continué dans La Migration des cœurs de son prédécesseur. Malgré leurs qualités environnant la peur et la froideur, ‘Wuthering Heights’ et ‘L’Engloulvent’ fournissent un refuge à leurs occupants tôt ou tard. Par exemple tous les deux encouragent la naissance de l'amour de protagonists aussi bien qu’en marquant leur dernière demeure. En outré quant à La Migration des cœurs, pendant que les personnages se déplacent entre des maisons à travers les grèves et conduit à beaucoup d'années à l’abandon, ‘L’Engoulevent’ retient son authenticité comme une zone de confort en amenant des descendants comme Razye II et sa fille Anthuria dans ses murs hantés et par conséquent elle reste le dernier endroit de cadre pour le roman.


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Thèmes principaux

Voir aussi: Intersections

L’Amour

L’amour est un thème central dans les deux romans, surtout l’amour entre Cathy et Heathcliff, et entre Cathy et Razyé. L’intensité de celui-là est gardé dans La Migration des cœurs -

Wuthering Heights - Cathy dit, ‘I am Heathcliff’ (p. 169)
La Migration des cœurs - Cathy dit, « Il m’est plus cher...que moi-même » (p. 37) et Cathy est souvent appelée « Man Razyé ».
Wuthering Heights – Heathcliff dit: ‘I cannot live without my life! I cannot live without my soul!’ (p. 169)
La Migration des cœurs – « une seule personne comptait pour lui [Razyé] sur la terre, et c’était Cathy. » (p. 32)

De plus, ces amours ont tous les deux des tendances destructrices. Dans Wuthering Heights, Cathy tombe en folie, disant à Heathcliff: ‘You have killed me – and thriven on it, I think’ (p. 160) tandis que Heathcliff est malheureux, ‘Is it not sufficient for your infernal selfishness, that while you are at peace I shall writhe in the torments of hell?’ (p. 160); ‘Misery, and degradation, and death and nothing that God or Satan could inflict would have parted us, you, of your own will, did it’ (p. 163). De la même façon, dans La Migration des cœurs, Razyé concède qu’il a ‘tué’ Cathy; « Rien n’aurait pu les séparer, ni le bon Dieu et ses saints ni le diable et ses démons ni aucune créature sur la terre. Rien, sinon sa propre volonté. » (p. 42)

Cependant, le thème de l’amour lié à la vie future sont traités d’une façon opposée dans les deux romans. Tandis que Heathcliff et Cathy semblent réunis après la mort dans Wuthering Heights,

'There are those who speak to having met him near the church, and on the moor, and even within this house...that old man by the kitchen fire affirms he has seen two on’em, looking out of his chamber window, on every rainy night, since his death’ (p. 336),

dans La Migration des cœurs Razyé et Cathy sont irréversiblement séparés, ce qui est montré à travers la narration de Cathy après sa mort:

« Nous ne nous reverrons jamais, car la mort n’est que nuit. Elle est migration sans retour. » (p. 98)

Cette remarque revient à la citation en exergue de Simone de Beauvoir « Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. » Donc la mort est finale et l’amour ne peut pas triompher de tout.

Voir aussi Le surnaturel, Simone de Beauvoir et W.H. Auden

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La sexualité et la violence

La Migration des cœurs est vraiment marquée par une omniprésence de sexe et de violence. On aurait raison de dire que ces deux aspects de la condition humaine sont beaucoup plus amplifiés dans La Migration des cœurs que dans Wuthering Heights. Soit à cause de la circonstance temporelle et sociale des auteurs, soit à cause du but de chaque roman, cet afflux de sexe et de violence sert à réellement rajeunir l’histoire d’une manière viscérale.

Considérant en premier lieu la plénitude de violence dans La Migration des cœurs, il est essential de noter que cette plénitude est une exemplification puissante du conflit perpétuel entre les békés et les noirs qu’ils ont supprimés et exploités. Donc, en contraste avec Wuthering Heights (qui n’a pas lieu dans un contexte postcoloniale), la violence la plus frappante dans le roman est souvent liée à cette guerre sordide.

« [U]n jour, on a trouvé son corps [le corps du mari de Romaine] dans une trace de canne naviguant dans la mer rouge de son sang » (p. 240).

« En ce temps-là, les têtes s’enfiévraient vite à Marie-Galente…[d]u coup, le sang avait rougi la terre, et l’on avait mis en bière un boisneuviste, le corps lacéré de coups de machette » (p. 246).

L’amplification de la violence dans La Migration des cœurs n’est pas ainsi un choix d’arbitre car cela nous ouvre les yeux sur la profusion de violence qui existe dans les pays touchés par les tensions raciales.

En outre, quoique la tension sexuelle soit toujours vivante dans Wuthering Heights, les rapports sexuels entre les personnages ne sont jamais décrits et restent implicites. En contraste avec Wuthering Heights, les rapports sexuels dans La Migration des cœurs jouent un rôle intégrant dans le squelette du roman. Le sexe foisonnant dans le roman n’est pas simplement une bifurcation avec laquelle Condé chatouille le lecteur. Lions de là. Les rapports sexuels dans le roman sont présentés d’une manière cauchemardesque et soulignent souvent les pensées et les sentiments intimes des personnages.

« [Cathy] n’avait jamais été très active dans l’amour, se laissant prendre avec passivité, voire avec indifférence. Les derniers temps, elle s’efforçait de cacher une véritable répulsion. A cause de cela, il avait honte de son désir son fin » (p. 91).

« [C]ette nuit-là [Mona, la prostituée] avait dû renoncer à l’exciter, et son membre reposait, flasque, ridé comme un cou de dindon…[i]l lui semblait qu’il se trouvait perdu dans une région inconnue où tout avait la couleur de la nuit » (p. 208).

En plus, le viol est focalisé plusieurs fois par Condé dans le roman pour souligner la violence omniprésente dans la société et égrener les moments séminaux dans la vie de certains personnages.

« [Q]uand [Aymeric] avait douze ans, son cousin Déodat…l’avait férocement sodomisé au galetas pendant que sur les pelouses on buvait le chodo de la confirmation de sa fille aînée » (p. 60).

« [E]lle se trouva sous lui, étouffant sous le poids frêle et tenace de son corps. D’une main ferme, il força ses cuisses…[e]t tout le temps, il soufflait et grognait » (p. 190).

En dernier lieu, les rapports sexuels dans La Migration des cœurs (en contraste avec Wuthering Heights) servent à démontrer la subrogation des femmes dans la société (« [Razyé] me prit avec sa sauvagerie coutumière sans même prendre la peine d’ôter ses vêtements » (p. 112)) et, sur une note plus profonde, la sexualisation et la dégradation des noirs par les békés.

« Je vous hais, vous et votre société, qui n’avez jamais su inventer que l’asservissement, asservissement des nègres, asservissement des femmes… » (p. 81)

Cette notion est soutenue par l’œuvre de la sociologue Colette Guillaumin qui a épousée l’idée que la perception sexuelle des femmes (et en fait d’une race) est le produit d’une appropriation qui a été perpétuée par les groupes dominantes dans la société.

Voir aussi Sexe et Sexualité dans La Migration des cœurs

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Le surnaturel

Le surnaturel joue un rôle assez important dans Wuthering Heights ; les fantômes sont traités à travers le roman, surtout au début quand Lockwood expérience une visitation de l’enfant Cathy (mort il y a presque vingt ans), et il y a plusieurs références à la vie après la mort partout dans le livre. Dans La Migration des cœurs, le surnaturel joue un rôle même plus important que dans Wuthering Heights. Le surnaturel forme une partie intégrante de la vie quotidienne des guadeloupéens, et c’est un thème central dans le livre.

Le roman commence à Cuba avec une description d’une procession religieuse et puis une conversation entre Razyé et Melchior, un babalawo. Bien que cela soit une religion dont ils parlent, elle contient plusieurs éléments du surnaturel, et Razyé essaie d’en apprendre les secrets. Pendant l’histoire, Razyé fait plusieurs attentats de contacter Cathy – avant et même après sa mort. Par conséquent, on apprend beaucoup sur les différents gens (les babalawos et les kimbwazès) et les méthodes différentes (utiliser ses cheveux, ses vêtements pour essayer d’attraper Cathy [94]) que Razyé utilise pendant le livre, et comment la plupart de gens croit au surnaturel d’une façon ou d’un autre. Le fait que plusieurs séanciers ne voulaient pas partager leurs secrets avec Razyé signale le peur des gens de la puissance de ce type de magie. De plus, Lucinda mentionne que « Ils ne servent à rien, les médicaments des Blancs. Il faut la science et la force de nos dieux d’Afrique » (81) quand elle parle de sauver la vie de Cathy, ce qui montre l’importance des interventions surnaturelles des dieux Africains dans la vie. Après qu'elle est morte, Cathy narre une partie du chapitre onze, qui donne un fort sens de surnaturel au livre, et vers la fin de l’histoire Gengis, fils de Razyé, rencontre le fantôme de son père (279).

Comme dans Wuthering Heights, les éléments du surnaturel interviennent fréquemment, mais ils semblent être une partie plus importante de la vie de tous les jours pour les Guadeloupéens, et le surnaturel est lié inextricablement avec la religion.

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La classe/race

Les questions de classe et de race sont significatives dans les deux romans. Dans Wuthering Heights le statut social, la possession de terre et de propriété et le système de primogéniture et les mariages arrangés jouent un rôle très important dans les vies des personnages, surtout en ce qui concerne l’oppression et l’ascension de Heathcliff. Heathcliff, sans classe et avec la peau foncée, est considéré par les Earnshaws comme un “gipsy” et un “plough-boy”. Cependant, il utilise les outils de la bourgeoisie pour se venger, en se mariant avec Isabella, saisissant la terre de Hindley (Wuthering Heights) et celle d’Edgar Linton à travers le mariage de Linton et Cathy II. De la même façon dans La Migration des cœurs, il existe une hierarchisation des blancs aux colonies françaises, séparant les gens aux classes différentes dépendant sur la couleur de leur peau. Par exemple, puisqu’il est noir, Razyé est au fond de la hiérarchie sociale et il le reconnaît, « Qu’est-ce que j’aimerais être blanc!...si j’étais blanc, tout le monde me respecterait! » (p. 36)

Cathy, une métisse, a un statut ambigu car elle n’appartient ni aux blancs ni aux noirs. Il y a un classement assez distincte entre les classes; les blancs méprisent les noirs et les métis, comme Justin a remarqué, « Les békés ne veulent jamais de nous. Ils n’entendent pas mélanger leur sang avec le nôtre. Ils veulent garder leurs plantations et tout le profit de la cane comme dans le temps quand ils fouettaient les nègres. » (p. 54)

Justin lui-même illustre l’importance de classe à la société contemporaine quand il améliore son statut social en se mariant avec Marie-France, héritière d’une des meilleures familles de békés, parente des Linsseuil.

Voir aussi Race, Classe et Religion dans La Migration des cœurs

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La vengeance

La vengeance de Heathcliff/Razyé sur ses oppresseurs fait partie intégrale des deux romans. Dans Wuthering Heights, Heathcliff se venge en reprenant Wuthering Heights et Thrushcross Grange, en se mariant avec Isabella et en refusant l’éducation à Hareton et en le faisant une brute. Dans La migration des cœurs, la vengeance de Razyé est plus grande, touchant l’île entière et plus de gens. Il n’agit pas seul – il conspire avec Jean-Hilare Endomius et le parti de socialistes, introduisant un élément de la politique dans ce roman. Il brûle les terres d’Aymeric - « il ne restait pratiquement rien à sauver. Près de quatre mille hectares de canne étaient partis en fumée, et Aymeric de Linsseuil était sur la paille. » (p. 156)

En outre, comme dans Wuthering Heights, « Razyé joue aux cartes avec Justin et l’encourage à boire du rhum » (p. 84), et l’Irmine et leur enfant, « vous êtes les instruments que je vais utiliser pour me venger. » (p. 109) Après s’être marié avec Irmine, il l’abuse et il la donne même à Justin comme une esclave sexuelle.

Pourtant, à la fin des deux romans, il y a un sens de la futilité de la vengeance. Dans Wuthering Heights, la progéniture de Heathcliff (Linton) meurt prématurément, Hareton apprend à lire et à écrire et reprend Wuthering Heights et Thrushcross Grange, donc les actions de Heathcliff sont, en fin de compte, invalidées. De la même façon, selon Razyé à la fin de La Migration des cœurs, « Depuis qu’Aymeric avait passé, la vengeance qu’il avait poursuivie n’avait plus de sens, et il ne voyait plus d’objet à sa vie. » (p. 247)

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Allusions littéraires

Titres des chapitres

Première Partie, Chapitre quinze, Le temps retrouvé

Marcel Proust est un écrivain français qui est célèbre partout dans le monde. Dans son roman infâme A la recherche du temps perdu, il a médité sur la vie et la qualité éphémère de temps. Autrement dit, il a épousé l’idée que tout ce qui nous fabrique, c’est le passé et non pas l’avenir.

Donc, en utilisant le titre Le temps retrouvé pour le chapitre 15, Condé transmet subtilement la notion que le lecteur va être plongé dans le royaume du passé. En outre, elle met en avant le fait que les personnages sont souvent liés d’une manière inextricable avec leurs souvenirs poussiéreux du passé.

« Cathy était le sel de sa vie et il l’a perdue. Il ne mange plus ni ne dort plus. » (p. 106)

Deuxième Partie, Chapitre sept, Noces barbares

L’écrivain français, Yann Queffélec a gagné le prix Goncourt en 1985 pour son roman Les Noces Barbares. Cela dit l’histoire douloureuse de Ludo, un enfant né du viol et qui manque de l’amour maternel, est exclu d’une vie normale. Mais son seule rêve: retrouver sa maman malgré la souffrance elle l'a provoqué. Marion Hansel a réalisé le film du même nom en 1987. Le viol de la mère de Ludo fait penser au scène du viol de Justin-Marie et Etiennise. De plus, Justin-Marie et Ludo ont orphelins tous les deux avec des esprits inquiets à cause de leurs circonstances marginalisées.

Deuxième Partie, Chapitre neuf, La cérémonie des adieux

Le titre de ce chapitre, La cérémonie des adieux, fait référence au récit autobiographique de Simone de Beauvoir, La cérémonie des adieux. Ce roman a raconté l’histoire douloureuse des dernières années de la vie de Jean-Paul Sartre. Donc, le ton du roman, qui est une fusion entre la tristesse et la perte, est fort pertinent à celui de ce chapitre, qui concerne l’enterrement de Justin-Marie.

Troisième Partie, Chapitre six, La mort du loup

Le titre du chapitre vient du poème par Alfred de Vigny, du même nom. Le poème décrit les chasseurs qui chassent un loup, et puis qui le tuent. Le poème parle de la puissance des loups, du fait que le loup tue un chien quand il est lui-même en train le mourir, qu’il « meurt sans jeter un cri » et comment les loups n’entrent jamais « dans le pacte des villes, / Que l’homme a fait avec les animaux serviles ». Cette mort silencieuse, fière, rappelle la mort de Razyé, et son engagement total de n’être jamais sous le pouvoir des blancs.

Cinquième Partie, Chapitre un, Retour au pays natal

Ce chapitre, titré Retour au pays natal, fait référence d’une manière subtile mais en même temps futée au poème d’Aimé Césaire Cahier d’un retour au pays natal. Ce poème parle d’un retour en Martinique où le narrateur se rend compte de la condition inégalitaire des noirs. Le thème principal de ce poème souligne la trame principale dans La Migration des cœurs, qui nous suscite de méditer sur l’inégalité des noirs, celle qui est enchâssée dans la société des pays francophones.

Références dans les chapitres

Simone de Beauvoir

« Sa mort nous sépare, Ma mort ne nous réunira pas. »

Cette citation en exergue au début du roman, qui vient de La Cérémonie des adieux de l’intellectuelle infâme Simone de Beauvoir, exprime la notion qu’après la mort on ne peut pas retrouver l’amour du passé ni guérir une relation fracturée.

« C’est bien une idée de vivant, car cette réunion tardive ne servira de rien » (p. 99).

Cette notion sous-jacente du roman est en complète contraste avec celle de Wuthering Heights. Pour explorer cette distinction en profondeur, voyez la partie « L’amour » en haut.

Victor Hugo

Dans le chapitre huit, on nous dit qu’Aymeric « dévora l’œuvre de Victor Hugo. » (p. 71) Cette référence à Victor Hugo est signifiante parce qu’il permet le lecteur à comprendre plus au sujet d’Aymeric. À une occasion, dans le roman, Aymeric est un témoin dans un procès de l'un de ses ouvriers, qui est injustement accusé de viol. Nous apprenons d'un monologue intérieur qu'Aymeric est très découragé par le racisme affiché par les blancs Créoles, « Quand le monde serait-il pareil à un jardin où toutes les races de la terre se promèneraient en harmonie ? Quand ce pays mettrait-il à mort ses démons ? » (p. 91) Grand sens est ajoutée à ces pensées d'Aymeric à la lumière de la référence à Victor Hugo. Il est significatif que ce sont les œuvres de Victor Hugo qu'Aymeric avait lu, puisque Victor Hugo aborde dans ses romans la misère sociale et l'injustice.

W.H. Auden

Dans Le temps retrouvé, on découvre l’un des rares aspects émotionnels de la personnalité de Razyé (p. 125). Frappé par le personnage éthéré de Justin-Marie où le fantôme de Cathy semble s’intervertir, Razyé devient obsédé par cet enfant et un soir il se trouve en larmes, en récitant un poème pour elle. Le vers se fonde sur la 3ème strophe de ‘Funeral Blues’, écrit par le poète anglais-américan W.H. Auden qui était un fort personnage littéraire du 20ème siècle.

La Bible

Ecclésiaste

Condé a choisi un passage d’Ecclésiaste pour marquer la fin de la vie de Justin (p. 111). Ce choix souligne la futilité de la vie de Justin, et les efforts constants de Razyé de se venger en détruisant Justin. Le passage d’Ecclésiaste continue : « Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil » (Ecclésiaste 1.9) qui évoque Wuthering Heights et le fait que l’histoire n’est pas originale. La continuation suggère aussi que Justin n’est pas le premier que Razyé va détruire.

Jean

En chapitre quinze Razyé dit : « Je n’ai pas choisi Cuba ; c’est Cuba qui m’a choisi » (p. 119). C’est une référence à Jean 15:16 (Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, …afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres.). Bien que la référence soit ironique parce que l’originale traite l’amour et d’aimer les autres (quand tous que Razyé veut faire c’est de se venger et détruire ses ennemis), l’idée d’un choix qui mène à apprendre et à gagner les moyens de réussir reste la même dans les deux sens.

Job

Dans La Cérémonie des adieux (suite) à la page 208-209, Condé fait l’allusion au Livre de Job de la Bible. Pendant qu’il est avec une prostituée, Razyé réfléchit sur le tourment que Cathy lui lance, s’il le mérite et comment ni toute la richesse ni la plaisir dans le monde ne pourraient le satisfaire comme elle-même pourrait. C’est une comparaison forte entre Razyé et Job parce qu’il expose peut-être le désespoir de la situation de Razyé par rapport aux souffrances implacables que Job a enduré du Diable par la volonté de Dieu. Mais Razyé a encore sa richesse, contrairement à Job et c’est ce que le narrateur insiste sur ici; qu’il pourrait tout aussi bien être sans tout, puisqu’il a déjà souffert la chose ultime- de perdre Cathy.

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Voir aussi

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Références

  1. Brontë, Emily, Wuthering Heights, (London & New York: Penguin Books, 1995).
  2. Condé, Maryse, La migration des cœurs, (Paris: Robert Laffont, 1995).
  3. Guillaumin, Colette, Sexe, Race et Pratique du pouvoir : l’idée de Nature. (Paris: Côté-femmes, 1992).
  4. Césaire, Aimé, Discours sur le Colonialisme, (1950).
  5. Swamy, Vinay, 'Traversing the Atlantic: From Brontë's Wuthering Heights to Condé's La migration des cœurs', The Journal of Caribbean Literatures, 4, no. 2 (Fall 2006), pp. 61-74.
  6. Malena, Anna, ‘Migrations littéraires : Maryse Condé et Emily Brontë ,’ ‘TTR : traduction, terminologie, rédaction’ , vol. 13, no. 2, 2000, p. 47-74.
  7. Vete-Congolo, Hanétha, ‘Noms et identités dans La Migration des Cœurs: Vers une affirmation de l'identité caribéenne’, Présence Francophone: Revue Internationale de Langue et de Littérature, no. 66 (2006), p. 202.


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